Justice

Procès en Irak de la djihadiste française Mélina Boughedir : Ses avocats accusent Jean-Yves Le Drian de « faute morale et politique »

Mélina Boughedir est rejugée pour terrorisme. La Française, qui avait rejoint le groupe Etat islamique avec mari et enfants en octobre 2015, risque la peine capitale.

C’est la troisième fois que Mélina Boughedir comparait devant la justice. En effet, arrêtée à l’été 2017 à Mossoul en Irak, la jeune femme a été condamnée une première fois en février dernier à sept mois de prison pour entrée illégale en Irak. Dès lors, Mélina Boughedir pensait être rapidement expulsée vers la France. Et ainsi retrouver trois de ses enfants déjà rapatriés. Pourtant, la Cour de cassation irakienne ne l’a pas entendu ainsi. En réexaminant son dossier, la haute juridiction a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une simple entrée illégale. Ainsi, rejugée dès samedi 2 juin, Mélina Boughedir risque la peine de mort.

Une terroriste de Daech

Dans ce contexte, les avocats de la Française ont dénoncé samedi 2 juin une « ingérence inacceptable » de la part de Jean-Yves Le Drian. En effet, jeudi 31 mai, le ministre des Affaires étrangères n’a pas mâché ses mots pour évoquer le cas Mélina Boughedir. Il l’a qualifiée de « terroriste de Daech ». Il a estimé que la Française de 27 ans a « combattu contre l’Irak ». Ainsi, Jean-Yves Le Drian a réaffirmé qu’elle devait être jugée dans ce pays.

Quand on va à Mossoul en 2016, c’est pour combattre. Et donc elle est jugée sur les lieux de ses exactions. C’est la logique normale.

Avait-il déclaré sur LCI.

Nous condamnons totalement la peine de mort et nous souhaitons qu’elle ne soit pas appliquée en Irak.

Avait-il précisé en rappelant qu’il l’avait notifié aux autorités irakiennes lors de sa visite à Bagdad en février dernier.

Le risque d’un procès expéditif

Des propos inacceptables pour Martin Pradel, l’un des avocats de la jeune femme.

Il s’agit d’une pression inacceptable sur la justice irakienne et comme l’illustration, si besoin était, de votre volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que notre cliente ne revienne pas en France.

Ont écrit Me William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth, les avocats français, dans une lettre adressée à Jean-Yves Le Drian.

Personne ne peut douter dans ces circonstances, si une peine lourde était prononcée demain, que celle-ci serait immédiatement mise en relation avec l’ingérence inacceptable dont vous vous êtes rendu responsable.

Enfin, les trois avocats, présents à Bagdad ont regretté des déclarations « d’autant plus graves que son avocat irakien n’a pas pu prendre connaissance de son dossier, ni la rencontrer en prison avant son procès ». Un procès inéquitable et sans véritable droit de la défense, se sont insurgés ses avocats français. Ils ont dénoncé un jugement probablement expéditif. En effet, cette nouvelle audience de ce dimanche sera sans doute expéditive comme souvent en Irak. Mélina Boughedir peut se voir condamnée à mort ou à la prison à vie. Soit 20 ans de détention au regard de loi irakienne.

Publié le dimanche 3 juin 2018 à 9:33, modifications dimanche 3 juin 2018 à 13:06

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