Justice

Procès de Georges Tron : Renvoi du procès sous les vociférations et les injures

C’est dans une ambiance délétère que le procès de Georges Tron a tourné court après seulement quatre jours d’audience sur les neuf prévus.

Le procès de Georges Tron a été renvoyé ce vendredi 15 décembre à une « session ultérieure ». L’ancien secrétaire d’Etat devait être jugé pour viols et agressions sexuelles jusqu’au 22 décembre. Finalement, la cour d’assises a accédé aux demandes de la défense.

Accusé de viols et d’agressions sexuelles

Nous estimons qu’à l’heure actuelle, les débats ne pourront plus être suffisamment sereins.

A assené Antoine Vey, l’un des avocats de Georges Tron devant les assises de Bobigny.

Nous sommes contraintes de demander le renvoi du procès.

Par ailleurs, le président de la cour, qui a notamment été mis en cause pour sa manière de mener les débats, a indiqué en fin de journée que le renvoi était dû à l’impossibilité que le procès se déroule dans les délais impartis.

L’ex-secrétaire d’État à la Fonction publique et maire en exercice de Draveil (Essonne) est accusé par deux anciennes employées municipales de viols et agressions sexuelles. Avec la participation de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel. Des accusation que tous deux réfutent.

Une première demande de renvoi refusée

L’avocat de Georges Tron, Me Eric Dupond-Moretti, avait joué le tout pour le tout en début d’après-midi, après le rejet par la cour d’une demande de renvoi de la défense. En effet, tout s’est précipité lors d’une rencontre « informelle » entre le président de la cour, Régis de Jorna, et l’ensemble des parties au procès, avant la reprise des débats vendredi matin. Cette discussion, à l’initiative du président, portait sur la diffusion la veille, dans l’émission Envoyé spécial d’un documentaire consacré à l’affaire. Une entrevue à laquelle participait l’une des plaignantes, Virginie Faux. Ainsi qu’une femme citée comme témoin et qui n’avait pas encore été entendue par la cour d’assises.

Or, Me Dupond-Moretti a porté à la connaissance de la cour la lettre qu’il venait d’adresser au CSA. Dans celle-ci il dénonçait la diffusion d’un tel documentaire, qui constituait selon lui, « une atteinte particulièrement grave » à la présomption d’innocence de son client. En outre, le contenu de l’émission apparaissait « susceptible d’influencer largement les débats de justice».

Enfin, selon Eric Dupont-Moretti, le président de la cour d’assises aurait déclaré à des avocats qu’il aurait préféré « que ce soit une femme qui préside ». Avant de suspendre à nouveau l’audience, Régis de Jorna n’a pas démenti ces propos. Cependant, il a précisé qu’il s’agissait d’une « conversation privée à laquelle vous n’étiez pas présent, Me Dupond-Moretti ».

La défense a décidé de polluer les débats

Face à la défense, les avocats des parties civiles et l’avocat général se sont montrés farouchement hostiles à ce renvoi. Toutefois, ils n’ont pu que constater au fil des heures et après des successions d’incidents que le procès allait avoir peu de chance d’être conclu avant Noël. Les uns après les autres, ils ont donc été contraints de rendre les armes.

La tension de cette audience, elle n’est aucunement le fait des parties civiles. Mais intégralement celui de la défense qui a mené une stratégie de bulldozer destinée à nous museler.

A estimé Me Alexandre-M. Braun, avocat d’Eva Loubrieu. En écho, son confrère Vincent Ollivier a dénoncé « le terrorisme judiciaire » d’Eric Dupond-Moretti.

Il n’a eu de cesse de dynamiter toute la procédure pour éviter d’exposer les turpitudes de Georges Tron.

Ainsi, après avoir entendu les représentants des parties civiles, de l’accusation et de la défense le président de la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, Régis de Jorna, et ses deux assesseurs ont déclaré que le procès sera renvoyé à une date ultérieure.

 

Publié le samedi 16 décembre 2017 à 9:06, modifications samedi 16 décembre 2017 à 9:06

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