Justice

Belgique : Toujours muré dans le silence Salah Abdeslam comparaît devant la justice

Jugé pour sa participation de la fusillade lors de sa cavale en Belgique, Salah Abdeslam fait sa première comparution publique lundi 5 février.

STORY - Episode 10/21

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Salah Abdeslam va être jugé durant quatre jours pour la fusillade de la rue du Dries, à Forest en Belgique. Or, la comparution du Français dès ce lundi 5 février, devant la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, a pris l’allure d’un défi pour la justice belge.

Un procès hors norme

En effet, c’est un dispositif hors norme qui est déployé autour du palais de justice de Bruxelles, pendant les quatre jours que durera le procès. Le terroriste a été transféré de Fleury-Mérogis (dans l’Essonne) vers le centre de détention ultra-sécurisé de Vendin-le-Vieil (dans le Pas-de-Calais). Isolé des autres détenus, Salah Abdeslam sera transféré quotidiennement vers Bruxelles, sous forte escorte policière. Pour les autorités belges et françaises, cette première comparution publique de l’unique survivant des commandos du 13 novembre 2015 a été soigneusement préparée. Il s’agit d’éviter toute tentative d’évasion. Mais aussi un suicide ou encore une éventuelle attaque terroriste.

Ainsi, Salah Abdeslam comparaît dès ce lundi pour « tentative d’assassinat » sur plusieurs policiers, « port d’armes prohibées ». Le tout sous couvert d’un contexte terroriste. Il y comparaîtra aux côtés de Sofiane Ayari. Il s’agit d’un autre membre de la cellule djihadiste arrêté le même jour que Salah Abdeslam.

Depuis son arrestation le 18 mars 2016 à Molenbeek, après 126 jours de cavale, Salah Abdeslam n’a rien dit ou presque. Remis aux autorités françaises le 27 avril 2016 et incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis, il reste mutique.

Muré dans le silence

Ainsi, exerçant ce droit, il refuse encore et toujours de répondre aux questions cruciales des enquêteurs français et belges. En effet, à chacune de ses auditions, il n’a répondu que par le silence aux milliers de questions que ce soit sur sa radicalisation, la préparation des attentats, le rôle qu’il devait tenir le soir des attaques… Ainsi, Salah Abdeslam a refusé de répondre aux enquêteurs français, lors de sa première comparution le 27 avril 2016. Puis lors des différentes auditions, menées les 20 mai 2016, 7 juillet 2016 où il a refusé d’être extrait de sa cellule. Le 8 septembre 2016, 29 novembre 2016 et 24 avril 2017.

Garde le mutisme

Est précisé sur la retranscription du dernier interrogatoire après chacune des 210 questions du magistrat cité par Libération.

Une attitude qui a conduit ses avocats successifs, Me Sven Mary puis Me Frank Berton à ne plus assurer sa défense. Le premier ayant finalement accepté de le défendre de nouveau. Finalement après vingt mois de détention de Salah Abdeslam, les enquêteurs belges et français n’ont finalement pu retirer que très peu de chose.

J’ai renoncé lorsque j’ai stationné le véhicule. Puis j’ai déposé mes trois passagers, puis j’ai redémarré. J’ai roulé au hasard, je me suis stationné quelque part, j’ignore où. Alors, j’ai fermé mon véhicule, j’ai pris la clé avec moi et je suis rentré dans la station Montrouge. J’ai fait quelques arrêts de métro, un ou deux, je suis ensuite descendu du métro. J’ai marché jusqu’à un magasin de téléphone, j’ai acheté un téléphone. Et j’ai contacté une seule personne : Mohamed Amri venu le chercher à Paris en compagnie de Hamza Attou, la nuit des attentats.

Selon les seuls détails récoltés par un juge d’instruction, au lendemain de son arrestation.

Ainsi, Salah Abdeslam sortira-t-il enfin de ce silence dans lequel il s’est claquemuré ? Profitera-t-il de son retour en Belgique pour livrer quelques-uns de ses secrets ?

Publié le lundi 5 février 2018 à 11:09, modifications lundi 5 février 2018 à 11:40

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