Justice

Michel Cardon, l’un des plus vieux détenu de France, va bénéficier d’une liberté conditionnelle

Michel Cardon va être libéré, après 40 ans passés derrière les barreaux. Oublié de tous, il est l’un des plus anciens détenus de France.

Après quarante ans d’incarcération dans le centre de détention de Bapaume (dans le Pas-de-Calais), Michel Cardon a obtenu, vendredi 30 mars, sa libération conditionnelle. Celle-ci a été accordée par le tribunal d’application des peines d’Arras.

Il est admis au bénéfice de la libération conditionnelle à compter du 1er juin 2018. Il sera en placement extérieur dans un centre d’hébergement et de réinsertion du Val-d’Oise.

A déclaré son avocat, Eric Morain.

Près d’un demi-siècle derrière les barreaux

Incarcéré à l’âge de 26 ans, Michel Cardon en a aujourd’hui presque 70. En 1977, il avait été condamné pour le meurtre d’un retraité. En effet, un soir d’automne 1977, à Amiens, avec son complice Jean-Yves Defosse, il avait cambriolé la maison d’un vieillard handicapé de 64 ans. Or, le vol avait mal tourné lorsque le vieil homme avait reconnu le visage de Michel Cardon, son voisin. Les malfaiteurs avaient alors battu le retraité à mort pour le maigre butin de 200 francs et quelques babioles, dont une soupière et des boîtes de conserve. Les principales économies de la victime, cachées sous le matelas, avaient échappé à la vigilance des deux compères, en état d’ivresse. A l’époque, la peine de mort avait été requise.

Une demande de libération conditionnelle déposée en 2016

L’homme de 67 ans, souvent surnommé « l’oublié des prisons », n’a bénéficié d’un premier parloir qu’au bout de trente-huit ans de détention. Son nom était revenu dans la mémoire collective lorsqu’un article de la Voix du Nord en août 2016 avait touché un avocat parisien, Maître Morain. Ce dernier avait alors demandé à le rencontrer. Puis avait entrepris des démarches pour essayer de le faire sortir.

J’ai eu en face de moi quelqu’un qui ressemble à l’image qu’on se fait de Robinson Crusoé, mangé par la barbe mais avec un merveilleux sourire. Il a du mal à parler parce qu’il a les restes d’un AVC, du mal à respirer, il est sourd d’une oreille. Mais il comprend, il s’exprime…

A relaté Eric Morain

Ainsi, les requêtes devant le tribunal d’application des peines avaient jusque-là été rejetées. Notamment parce que les experts relevaient un risque de récidive toujours présent, selon le parquet.

Compte tenu de l’état de dégradation physique de M. Cardon, nous avons estimé, du point de vue du parquet, que le risque de réitération apparaissait désormais limité.

A tranché André Lourdelle, le procureur d’Arras, à l’issue de l’examen de la dernière demande le 15 mars dernier.

Désormais, il ne va plus être le détenu oublié de Bapaume. Il va changer de région et de département pour essayer de vivre quelques années libre.

A conclu Eric Morain.

Publié le samedi 31 mars 2018 à 13:08, modifications samedi 31 mars 2018 à 10:33

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