Justice

Meurtre de Kim Wall : La nouvelle version de Peter Madsen à son procès

Selon le principal suspect, Kim Wall serait morte suite à la dépressurisation du sous-marin

STORY - Episode 14/19

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Selon des informations de l’AFP et du Figaro, l’inventeur Peter Madsen vient de donner une nouvelle version des faits lors de la première journée de son procès à huis clos à Copenhague, au Danemark. Des proches de la victime (ses parents notamment) assistent au procès.

Peter Madsen est jugé pour meurtre, atteinte à l’intégrité d’un cadavre et agression sexuelle. Douze journées d’audience sont prévues entre le 08 mars et le 25 avril. La Justice va devoir faire toute la lumière sur les circonstances exactes de la mort de la jeune journaliste indépendante. Kim Wall était âgée de 30 ans.

L’inventeur danois continue de nier

Peter Madsen réfute les accusations le dépeignant comme un être pervers aux pulsions morbides. Lors de la première journée d’audience, le principal suspect a nié avoir tué Kim Wall. Peter Madsen a enfin détaillé sa version des faits. Il aurait affirmé que la jeune femme aurait succombé à une soudaine dépressurisation de l’habitacle du sous-marin. Selon ce nouveau récit, la chute de pression d’air a créé un important phénomène d’aspiration. Le panneau de l’écoutille aurait alors piégé Kim Wall dans le submersible qui se serait alors empli d’échappements toxiques. Peter Madsen se serait trouvé sur le pont à ce moment-là.

La nouvelle explication de Peter Madsen pour tenter d’effacer et d’éluder l’innommable

Madsen vient donc de changer une énième fois de version. Il avait auparavant indiqué avoir raccompagné la journaliste sur la terre ferme (avant la découverte de son corps et de ses membres). Peter Madsen avait ensuite évoqué un accident à bord. La tête de la journaliste aurait été heurtée de plein fouet par l’écoutille du sous-marin. Cette version des faits a été démentie par les expertises scientifiques du crâne de Kim Wall, qui ne présentait aucune fracture majeure. L’inventeur continue de clamer son innocence. Il a toujours nié être responsable de la mort de la journaliste. Madsen a néanmoins reconnu avoir découpé le corps de la victime.

Le rappel des faits lors de cette effroyable nuit d’août 2017

Le 10 août dernier, Kim Wall a embarqué à bord du sous-marin UC3 Nautilus. Elle réalisait un travail préparatoire afin de rédiger le portrait de cet ingénieur atypique et totalement autodidacte. Le compagnon de la journaliste suédoise, sans nouvelles, alerte la police. Le 11 août, Peter Madsen est secouru dans la baie de Køge, entre le Danemark et la Suède. Son sous-marin est en train de couler. Kim Wall est introuvable. Il explique que le submersible a été victime d’une avarie et qu’il a débarqué la reporter sur la terre ferme, vers 22h30.

Madsen est rapidement placé en garde à vue et écroué le lendemain pour homicide par négligence. Il confirme la mort de journaliste le 21 août. Selon lui, la jeune femme est morte par accident. Pris de panique, il aurait jeté son corps à la mer.

Un scénario macabre et inhumain dans les entrailles du sous-marin Nautilus ?

Le jour des aveux de Peter Madsen, un cycliste retrouve un buste sans tête dans la baie de Køge. Un mois plus tard, le 6 octobre, des plongeurs découvrent la tête et les deux jambes de la journaliste dans un sac. L’autopsie révélera que Kim Wall a été violentée et torturée. Quinze coups de couteau et quatorze blessures sont localisés dans la zone des parties génitales. En décembre, les autorités danoises ont repêché une scie qui aurait pu servir à démembrer la jeune femme.

Des indices graves et concordants ont également été trouvés dans le cadre de l’enquête. Dans le sous-marin, la culotte de la journaliste, du sang et des touffes de ses cheveux sont retrouvés. Un disque dur, présent dans l’atelier de Peter Madsen, contenait des films fétichistes et ultras violents authentiques. Sur ces images abominables de snuff movies, des femmes sont torturées, décapitées et brûlées.

Peter Madsen assure ne pas avoir eu de relation sexuelle avec Kim Wall. L’accusation soutient au contraire que la journaliste est morte afin d’assouvir des fantasmes sexuels. Le procès devrait permettre de dévoiler la personnalité de Peter Madsen et de comprendre les raisons de son passage à l’acte. Son attitude et l’absence d’aveux risquent de créer un traumatisme chez les proches et pour la famille de Kim Wall.

Publié le jeudi 8 mars 2018 à 17:55, modifications jeudi 8 mars 2018 à 17:54

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