Justice

Jusqu’à sept ans prison dans l’affaire de la voiture de police incendiée

Neuf militants antifascistes étaient accusés d’avoir participé à l’incendie d’une voiture de police.

Le 18 mai 2016, lors des manifestations contre la loi Travail, une voiture de police avait été incendiée quai de Valmy à Paris. Sur une vidéo qui a fait le tour du monde, on y voyait des assaillants vêtus de noir et le visage masqué. Ces derniers donnent des coups de pied au véhicule. Ils défoncent également les vitres et y jettent une fusée de détresse. La voiture s’embrase alors. Le policier à l’intérieur du véhicule sort, et reçoit de l’un des manifestants des coups de barre de fer.

Ces scènes avaient suscité l’indignation des forces de l’ordre tandis que le Premier ministre d’alors avait réclamé des « sanctions implacables ». Le tribunal correctionnel de Paris a rendu sa décision ce mercredi 11 octobre concernant le sort des neuf militants accusés d’avoir participé à l’attaque.

Devant la salle d’audience du Palais de Justice de Paris un dispositif de sécurité important avait été mis en place. Des barrières avaient notamment été installées pour limiter les possibilités d’attroupement.

Des peines jusqu’à 7 ans de prison ferme

Ainsi, Antonin Bernanos, le plus observé des prévenus, a été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme, sans mandat de dépôt. Il lui a été reproché des « faits d’une extrême gravité ». En effet, cet étudiant de 23 ans, devenu au fil du procès une figure pour la mouvance d’extrême gauche. Cependant, il a toujours nié avoir asséné des coups de poing au policier encore assis dans la voiture. Ni avoir fait exploser la lunette arrière avec un plot métallique. Antonin Bernanos n’a pas été incarcéré à l’issue de la lecture du délibéré.

Jugé coupable d’avoir frappé le véhicule puis le policier à coups de barre de fer, Nicolas F., qui a reconnu les faits, a lui été condamné à cinq ans de réclusion dont deux et demi avec sursis.

Kara B., transgenre américaine de 28 ans qui comparaissait détenue, a été condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Selon les délibérés elle a été accusé d’avoir notamment lancé un plot métallique sur le pare-brise de la voiture. Elle a été maintenue en détention, tout comme Ari R., condamné à cinq ans dont la moitié avec sursis.

Thomas R., accusé d’avoir donné des coups de pied initiant la destruction du véhicule, a été reconnu coupable et condamné à deux ans de prison dont un ferme.

La peine la plus lourde pour le fugitif

Joachim L., de nationalité Suisse, a été reconnu coupable en son absence d’avoir jeté le fumigène à l’origine de l’incendie de la voiture. Il a été condamné à la peine la plus lourde. Soit 7 ans de prison. Un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre.

Pour participation à un groupement armé, le tribunal a aussi condamné Leandro L. à un an de prison avec sursis, sans interdiction de manifester.

Angel Bernanos, frère d’Antonin, et Bryan M., ont été poursuivis pour participation à un groupe armé. Ils ont été relaxés par le tribunal. Le second a en revanche été reconnu coupable d’avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Il a été condamné à 1.000 euros d’amende.

Publié le jeudi 12 octobre 2017 à 10:14, modifications jeudi 12 octobre 2017 à 9:56

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