Justice

Jawad Bendaoud : L’ADN du logeur pourrait faire basculer son procès qui s’ouvre ce mercredi

Le logueur Jawad Bendaoud pourrait être impliqué dans un acte terroriste. Son procès va débuter mercredi. Jawad Bendaoud a hébergé le commanditaire des attentats terroristes du 13 novembre 2015, Abdel Hamid Abaaoud. La rédaction de l’hebdomadaire Paris Match vient de faire des révélations fracassantes sur le rôle qu’aurait pu jouer Jawad Bendaoud.

STORY - Episode 4/19

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Selon des informations de Paris Match, des preuves pourraient faire basculer le procès de Jawad Bendaoud. Des éléments matériels et scientifiques, qui étaient tenus secrets jusqu’alors, tendraient à prouver son implication dans un acte de nature terroriste. Ces preuves pourraient en effet conduire à l’hypothèse que Jawad Bendaoud ait pu confectionner une ceinture d’explosifs. Le nouveau procès de Jawad Bendaoud et de deux co-accusés va donc débuter ce mercredi 24 janvier, pour une durée de trois semaines. Jawad Bendaoud sera représenté au procès par Maître Xavier Nogueras.

Le logeur d’Abdel Hamid Abaaoud devant la justice

Jawad Bendaoud est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour « recel de malfaiteurs criminels ». Il est accusé d’avoir hébergé des terroristes et certains commanditaires des attentats du 13 novembre 2015. Il encourt jusqu’à trois ans de prison ferme pour ce délit et six ans maximum en cas de récidive. Jawad Bendaoud avait été immortalisé par les caméras de BFM TV dans le cadre d’une interview lunaire, peu avant son arrestation. Jawad Bendaoud a déjà été condamné par le passé à huit ans de prison pour homicide involontaire. Il aurait tué en 2008 un de ses amis en lui assénant un coup de feuille de boucher.

L’ADN de Jawad Bendaoud retrouvé sur un ruban adhésif compromettant

Selon la rédaction de Paris Match, des accusations bien plus lourdes pèseraient contre le « logeur » de Saint-Denis. Ces révélations pourraient bel et bien faire basculer le procès de Jawad Bendaoud. Des éléments matériels risquent de lui valoir une condamnation pour « acte terroriste ». Une trace ADN de Jawad Bendaoud aurait été identifiée sur un rouleau adhésif. Cette empreinte ADN aurait été mélangée à celle d’Abdel Hamid Abaaoud, le coordinateur des attentats. L’empreinte génétique de Jawad Bendaoud aurait également été découverte sur un autre adhésif qui entourait le bouton pressoir actionnant une ceinture d’explosifs.

Chakib Akrouh aurait actionné cette bombe lors du siège du RAID et de la BRI, le 18 novembre 2015. Les occupants de l’appartement conspiratif sont tous morts suite à l’explosion (Abdel Hamid Abaaoud et sa cousine, Hasna Ait Boulahcen). Ce dispositif explosif devait initialement être utilisé dans le cadre d’un nouvel attentat après le 13 novembre.

Révélations fracassantes dans le cadre de l’enquête sur le rôle de Jawad Bendaoud

Le juge d’instruction Christophe Teissier aurait d’ailleurs évoqué, dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal, « l’imminence d’un nouveau projet terroriste fomenté par Abdel Hamid Abaaoud et Chakib Akrouh comme d’ailleurs l’avait rapporté la co-locataire Hasna Ait Boulahcen et comme le démontre la ceinture d’explosif que portait Chakib Akrouh au moment de sa tentative d’interpellation » à Saint-Denis.

D’après Paris Match, le rapport d’analyse, rédigé par la police scientifique en février 2016, est édifiant.

Le profil génétique de Jawad Bendaoud […] a été caractérisé […] sur l’entame du rouleau de ruban adhésif en mélange avec le profil génétique masculin [d’Abaaoud]. Le profil génétique de Jawad Bendaoud est mis en évidence […] sur la face lisse d’un grand morceau d’adhésif, gris tramé, ayant entouré les deux fils reliés au bouton pressoir [de la ceinture d’explosifs].

Ces constats scientifiques ont été détaillés dans le cadre d’un procès-verbal. Ce document a été adressé au juge Teissier en avril 2016 par la Sous-direction anti-terroriste (SDAT).

Jawad Bendaoud : un simple logeur ou a-t-il participé à la confection d’une ceinture d’explosifs ?

Maître Georges Holleaux, avocat de familles de victimes et de l’association Life for Paris, a adressé une demande de requalification des faits qui sont reprochés à Jawad Bendaoud en « acte criminel ». La peine encoure serait alors de 12 ans. L’avocat aurait transmis cette demande le 15 janvier dernier auprès des trois magistrats qui vont juger Jawad Bendaoud.

Le procès devrait donc permettre de mieux cerner le rôle exact du logeur de Saint-Denis au sein du commando et de la cellule terroriste des attentats du 13 novembre 2015. Une vingtaine d’habitants de l’immeuble dans lequel s’étaient réfugiés les terroristes attendent toujours une solution de relogement, selon des précisions de 20 Minutes. Le procès de Jawad Bendaoud, Mohamed Soumah et Youssef Aït Boulhacen s’ouvre ce mercredi. La mairie et une quarantaine d’habitants de Saint-Denis, propriétaires ou locataires se portent parties civiles.

Publié le lundi 22 janvier 2018 à 18:29, modifications mardi 30 janvier 2018 à 17:54

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