Justice

En procès, Fourniret impute la responsabilité de tous ses crimes à sa première femme

“Elle a eu des vies avant. Irréversible, le résultat”: à son procès, Michel Fourniret a de nouveau expliqué mardi son parcours criminel par le traumatisme causé chez lui par le fait que sa première femme n’était pas vierge lorsqu’il l’a épousée.

Celui qu’on surnomme “l’ogre des Ardennes” comparaît depuis mardi devant la cour d’assises des Yvelines, en compagnie de son ex-femme (de son troisième mariage) Monique Olivier, pour l’assassinat en 1988 de Farida Hammiche, femme d’un ancien codétenu, afin de lui voler le trésor du célèbre “gang des postiches”.

Interrogé sur sa première relation amoureuse par Didier Seban, avocat notamment de Jean-Pierre Hellegouarch, le veuf de Farida Hammiche, Michel Fourniret a répété les explications données lors des enquêtes. Selon ses aveux de l’époque, il “devait chasser au moins deux vierges par an”, une obsession née du fait que sa première femme, qu’il pensait vierge, ne l’était pas au moment de leur mariage.

Si je n’avais pas épousé une femme qui manquait un peu d’inexpérience, ça ne serait pas arrivé

a-t-il froidement répété mardi, avant de poursuivre à la troisième personne.

Mettez-vous dans la peau d’un gamin puis d’un adolescent qui fait l’armée, ne sort pas en permission, lit, écrit beaucoup, et qui arrive au mariage pas peu fier de se marier puceau

a-t-il asséné, bras croisés, fixant l’avocat dans les yeux.

Ce type-là, ce connard, épouse puceau une dame de 7 ans, 3 mois et 18 jours son aînée, mais qui manquait par trop d’inexpérience

s’est-il emporté.

Cette réalité, “c’est comme un obus explosif dans votre tête. Pigé, mec ?”, a-t-il lancé à Me Seban, élevant subitement la voix. “Je pige”, lui a tranquillement rétorqué l’avocat.

Condamné en 2008 à perpétuité pour le meurtre de sept jeunes filles ou femmes, Fourniret a qualifié cette condamnation de “pas totalement infondée”.

Concernant sa santé, il a indiqué que “physiquement ça va, moralement, ça peut aller”. “Il est exact que je ne suis pas handicapé par une grande maladie”, a-t-il ajouté. Il a toutefois régulièrement évoqué ses problèmes d’audition et une mémoire en partie défaillante au cours de cette première matinée d’audience.

Le président Didier Safar a rappelé qu’en détention, Michel Fourniret ne sortait jamais en promenade, ne participait à aucune activité et ne recevait aucune visite.

“A quoi occupez-vous votre temps ?”, a-t-il demandé.

Des parties d’échec sans partenaire autre que le jeu, et puis la lecture, l’écriture

a répondu Fourniret. Le président du tribunal a également souligné que l’accusé refusait toute rencontre avec le service psychiatrique.

En mars 1988, Farida Hammiche avait contacté Fourniret à la demande de son mari, le braqueur Jean-Pierre Hellegouarch qui avait été compagnon de cellule de Fourniret à Fleury-Mérogis (Essonne), pour qu’il l’aide contre rétribution à déterrer un trésor enfoui dans un cimetière du Val-d’Oise.

Farida Hammiche, 30 ans à l’époque, avait disparu. Morte étranglée et frappée à coups de baïonnette près de Clairefontaine (Yvelines) selon les aveux de Fourniret, son corps aurait été enterré non loin. Il n’a jamais été retrouvé.

Publié le mardi 13 novembre 2018 à 14:11, modifications mardi 13 novembre 2018 à 14:56

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