Justice

Corée du Sud : l’ex-présidente Park Geun-hye jugée coupable d’abus de pouvoir et de corruption

La cour a jugé que Park Geun-hye s’était entendue avec sa confidente de l’ombre pour percevoir des commissions occultes auprès de conglomérats sud-coréens.

Les médias sud-coréens ont annoncé que l’ex présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, avait été jugée coupable d’abus de pouvoir, de corruption et de coercition.

L’accusée est coupable d’abus de pouvoir

A ainsi conclu le juge Kim Se-yoon vendredi 6 avril en ajoutant :

L’accusée a illégalement usé de son autorité présidentielle à la demande de Mme Choi. Pour obliger des entreprises à donner de l’argent aux fondations.

Par ailleurs, Park Geun-hye a été condamnée à vingt-quatre ans de prison. En effet, la cour a estimé que l’ancienne dirigeante s’était entendue avec sa confidente Choi Soon-sil pour percevoir des commissions occultes auprès de conglomérats sud-coréens.

Des pots-de-vin d’un montant de 59,2 milliards de wons

Première femme élue présidente en Corée du Sud, Park Geun-hye avait été destituée et arrêtée en mars 2017 après un scandale retentissant de trafic d’influence qui avait secoué la Corée du Sud pendant plusieurs mois. Le parquet de Séoul soupçonnait l’ancienne chef d’Etat d’avoir accepté ou de s’être vu promettre, en collusion avec sa confidente de l’ombre Choi Soon-sil, des pots-de-vin pour un total de 59,2 milliards de wons (environ 45 millions d’euros) de la part de trois conglomérats sud-coréens, Samsung, Lotte et SK, en échange de faveurs politiques. Par ailleurs, la femme politique était également accusée d’avoir contraint 18 grandes entreprises à « donner » un total de 77,4 milliards de wons (59 millions d’euros). Les fonds avaient été transférés à deux fondations douteuses placées sous le contrôle de son « amie de 40 ans » Choi Soon-sil.

Cette dernière a été condamnée le 13 février dernier à 20 ans de réclusion criminelle. Cette éminence grise, qui n’avait aucun poste officiel dans l’administration de Corée du Sud, avait arrêtée début novembre 2017. Soit quelques jours avant deux conseillers de la présidente, Ahn Jong-beom et Jeong Ho-Seong. Aussitôt, la révélation de cette affaire avait fait plonger la cote de popularité de la présidente. A un an de la fin de son mandat.

Un verdict en direct à la télévision

En outre, la chute de Park Geun-hye, surnommée la « Fille de la nation », a captivé l’opinion sud-coréenne. En effet, l’affaire a ravivé le ressentiment populaire contre les privilèges des élites. Ainsi que sur les accointances entre les classes dirigeantes et les puissantes familles industrielles. Ainsi, fait très rare en Corée du Sud, le verdict de ce procès était retransmis en direct à la télévision.

Pourtant, l’ancienne présidente de 66 ans a largement boycotté les audiences lors des dix mois de son procès. Elle a notamment accusé les juges de partialité. Or, la fille aînée du dictateur militaire Park Chung-hye avait fait savoir au tribunal qu’elle ne serait pas présente pour l’énoncé du verdict.

Publié le vendredi 6 avril 2018 à 10:43, modifications vendredi 6 avril 2018 à 10:43

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !