Justice

Coiffeur traité de “PD” : l’insulte homophobe reconnue par la Cour d’appel

La Cour d’appel de Paris a mis fin à un feuilleton lancé en 2015 en reconnaissant que le licenciement d’un coiffeur avait été discriminatoire.

C’est une décision qui avait beaucoup choqué en 2016. A l’époque, le conseil des prud’hommes avait jugé que le licenciement d’un coiffeur traité de “PD” n’avait pas été discriminatoire. La Cour d’appel de Paris vient d’affirmer le contraire.

“C’est un PD, ils font tous des coups de pute”

Les faits commencent en 2015. Un coiffeur dans un salon de Paris, reçoit par erreur un courrier de sa manager le concernant.

Je ne le garde pas, je le préviens demain, on fera avec des itinérants. En attendant, je ne le sens pas ce mec : c’est un PD, ils font tous des coups de pute.

Encore en période d’essai, le coiffeur est licencié le lendemain. Il attaque alors son ex-employeur au conseil des prud’hommes. Mais à la stupeur de tous, celui-ci écarte le caractère discriminatoire du licenciement. Le salon de coiffure était toutefois condamné à 5.000 au titre du préjudice moral. Insuffisant pour lui et le défenseur des Droits qui font appel. 

C’est cette décision qui est finalement tombée ce mercredi 21 février. La Cour d’appel de Paris a reconnu le caractère discriminatoire du licenciement en expliquant qu’en affirmant que “l’employeur n’avait pas établi que la rupture de la période d’essai était étrangère à une “discrimination en lien avec l’identité sexuelle supposée du salarié”. Le salon de coiffure est condamné à verser 4.500 € pour les dommages-intérêts pour la nullité de la rupture et à 8 000 euros à titre de dommages-intérêts “pour le préjudice moral résultant du caractère odieux et vexatoire de la procédure de rupture”.

Publié le jeudi 22 février 2018 à 15:34, modifications jeudi 22 février 2018 à 11:50

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