Justice

Christine Rivière, alias Mamie jihad, condamnée à dix ans de prison

Christine Rivière, Mamie jihad, était jugée pour avoir effectué trois séjours en Syrie, où se trouvait son fils, un émir de l’Etat islamique.

Pour l’amour de son fils, Tyler Vilus, Christine Rivière s’est convertie à l’islam et a sombré dans l’enfer de l’Etat islamique. Ainsi, celle qui est surnommée « Mamie jihad » a été condamnée ce mardi 3 juillet à dix ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Elle était jugée pour association de malfaiteurs à visée terroriste mais aussi pour financement du terrorisme.

Ainsi, la cour d’appel de Paris a confirmé la peine maximale prononcée en octobre 2017 à l’encontre de cette femme de 52 ans. Mais, conformément aux réquisitions du parquet général, les juges d’appel l’ont cette fois condamnée également pour financement du terrorisme. Il lui a été reproché d’avoir transféré ou fait transférer des fonds ou des biens à destination de combattants en Syrie.

Radicalisée par son fils

Par ailleurs, le tribunal correctionnel a relevé la détermination de cette mère de famille de 51 ans qui s’est rendue trois fois en Syrie en 2013 et 2014. Il a estimé qu’elle a « contribué au départ de plusieurs jeunes femmes ». Et et au « financement de la cause djihadiste ».

Votre engagement sans faille, qualifié de fanatique par l’expert psychologue, vous a conduit à adhérer à la mouvance radicale. Et vous vous êtes totalement épanouie dans cette idéologie.

A asséné la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, expliquant la sévérité la décision.

La mère de famille avait été convertie par son fils cadet Tyler, 27 ans. Et, presque immédiatement radicalisée. Or, Christine Rivière avait été interpellée le 2 juillet 2014, au domicile de son fils aîné, Leroy, 30 ans, alors qu’elle s’apprêtait à repartir en Syrie après trois précédents voyages. Tyler Vilus, combattant vite monté en grade dans la hiérarchie djihadiste, avait été arrêté un an plus tard en Turquie. Puis, il avait été extradé vers la France. Son dossier est toujours à l’instruction. Ainsi, le contact a toujours été permanent entre la mère et son fils. En effet plus de 4.000 messages ont été échangés, via Skype.

Mère maquerelle

C’est aussi à distance, via leurs nombreuses conversations, que Tyler Vilus et Christine Rivière ont joué les entremetteurs l’un pour l’autre. Celle qui prévoyait de le rejoindre définitivement en Syrie est arrêtée avant et est alors surnommée « Mamie jihad » par les enquêteurs.

L’influence de votre fils ne peut être ignorée, mais il apparaît que vous l’avez constamment encouragé dans ses velléités combattantes. Sa progression dans la hiérarchie, vous en étiez fière.

A pointé la présidente,

Peu avant, le procureur Guillaume Michelin avait décrit une femme dangereuse, qui cherchait à maintenir son fils Tyler dans sa « dépendance ». Il a émis la possibilité de former à jamais avec lui « un couple d’immortels ».

Elle a fait de son fils un fusil. Et a été la mère maquerelle du djihad. Celle qui fournit des épouses aux soldats de l’EI. A l’image de cette jeune Belge qui deviendra la première épouse de Tyler.

À l’audience, Christine Rivière a contesté avoir apporté un soutien à l’organisation djihadiste ou avoir elle-même combattu en Syrie. Son avocat, Me Thomas Klotz, a décrit une femme en mal de repères, ayant des connaissances très sommaires de l’islam.

Elle s’est complètement perdue. On est au cœur des ténèbres.

A-t-il plaidé.

Ainsi, selon Le Point, Christine Rivière est aujourd’hui la doyenne de la trentaine de femmes revenues de Syrie et incarcérées en France.

Publié le mercredi 4 juillet 2018 à 9:55, modifications mercredi 4 juillet 2018 à 8:58

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