Justice

Calais: Un centre d’accueil pour migrants refusé par le tribunal

Lundi, le tribunal administratif de Lille a refusé la création à Calais d’un centre d’accueil d’urgence pour les migrants. Cependant le juge a ordonné la mise en place, sous dix jours, de nombreuses aides comme des points d’eau par exemple. Une bonne nouvelle selon les associations malgré le refus d’ un centre.

Encore une fois le camp de migrants de Calais fait polémique. En effet les bénévoles le demandaient depuis longtemps et étaient pleins d’espoir. Ainsi, onze associations avaient saisi le juge administratif mercredi dernier pour demander l’arrêt des «entraves» à la distribution de nourriture. Elles s’étaient appuyées sur le dernier rapport du défenseur des droits. Ce dernier avait dénoncé des atteintes aux droits «d’une inédite gravité», dans un rapport publié le 14 juin.

En tout état de cause, il n’est pas possible de laisser sans aide aucune des personnes en état de dénuement total à défaut de pouvoir les faire entrer dans les dispositifs d’aide auxquels ils peuvent légalement prétendre, en espérant qu’elles finissent par se lasser et par partir d’elles-mêmes ailleurs…

Cependant le juge a annoncé que le centre d’accueil d’urgence pour les migrants ne verra pas le jour. Estimant que ce n’était pas la seule solution pour prendre en charge efficacement et dignement les personnes concernées.
Dans son ordonnance, il précise également qu’une telle décision mérite plus de réflexions.

Ainsi sa solution serait de rediriger les personnes en exil vers le droit commun, notamment à travers “le dispositif national d’asile, ailleurs sur le territoire français”.

Des mesures prises pour améliorer la situation

Toutefois, le tribunal administratif a considéré qu’il était nécessaire qu’un certain nombre de mesures soient prises. Ceci afin d’éviter que les personnes concernées ne soient “exposées à des risques de traitements inhumains et dégradants”. Cette décision a été saluée par les défenseurs des droits des migrants. Yann Manzi, coprésident d’Utopia 56 témoigne (source Le figaro):

 La mobilisation fait avancer les choses. Il faut continuer à se regrouper: associations, citoyens, collectifs, pour faire valoir les droits fondamentaux. C’est une petite bataille de gagnée et surtout un petit mieux

Parmi ces mesures d’aide pour ces 400 à 600 réfugiés qui errent actuellement dans le Calaisis on trouve : créer, dans des lieux facilement accessibles aux migrants, à l’extérieur du centre de Calais, plusieurs points d’eau leur permettant de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines.

Ces mesures doivent être prises au maximum d’ici 10 jours, avec une astreinte de cent euros par jour de retard. De plus le tribunal a ainsi contraint les autorités  avec l’obligation “de laisser les associations fournir des repas dans les conditions déjà fixées par le juge des référés (ordonnance du 22 mars 2017)”. En effet, il y a quelque temps, une polémique avait surgi comme quoi les autorités mettaient la pression aux bénévoles et leur empêchaient l’accès afin de distribuer des repas comme le rappel ce tweet de l’auberge des migrants du 31 mai:

Renforcement des maraudes sociales

En parallèle, la justice exige que les aides sociales soient renforcées. C’est-à-dire par exemple faire un recensement des migrants ( surtout les mineurs) et améliorer le dispositif de mise à l’abri mis en oeuvre par le département du Pas de Calais en lien avec France Terre d’asile. Un nouveau «plan» sur le traitement des demandes d’asile doit d’ailleurs être présenté sous quinze jours. Enfin, il ordonne que soient organisés de nouveaux départs vers des centres d’accueil et d’orientation (CAO), pour une mise à l’abri d’urgence.

Le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, estime que «la principale demande des associations, qui aurait pu conduire à la création de points de fixation à Calais et à terme la formation d’un nouveau camp, a été rejetée». Mais il précise que «l’État se réserve la possibilité de donner une suite juridique au moins partiellement à cette ordonnance».

La maire de Calais va faire appel

Ces nouvelles mesures ne réjouissent pas tout le monde. Ainsi de son côté, la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a elle qualifié d’«inacceptables» certaines exigences formulées par la justice administrative. Celle-ci considère que les réponses humanitaires peuvent être apportées en dehors de Calais. Ainsi les élus de la majorité ont unanimement décidé de ne pas mettre en oeuvre les mesures imposées sur le plan local par le tribunal administratif et, par conséquent, de faire appel (…)», a-t-elle indiqué, augurant d’une poursuite du bras de fer.
En attendant, nous espérons que les migrants soient traités avec un peu plus d’humanité.

N’oublions pas que la roue tourne et que, un jour peut-être nous pouvons nous retrouver à leur place, à la recherche d’une vie meilleure. Nous sommes tous humains alors respectons-nous les uns et les autres…

Publié le mercredi 28 juin 2017 à 9:03, modifications mercredi 28 juin 2017 à 11:06

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !