Justice

Belgique : Le cas d’un violeur récidiviste épargné deux fois par la justice inquiète la population

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Le jugement d’un violeur récidiviste inquiète les citoyens belges. La justice du pays serait-elle trop clémente avec les violeurs ? Le cas de cet ancien DJ d’une radio universitaire condamné par deux fois à des peines légères pour le viol de plusieurs femmes relance le débat.

J.V., 36 ans, vient d’être condamné ce mardi 14 août par le tribunal de Courtai, en Flandre-Occidental. L’homme originaire de Destelbergen est accusé d’avoir violé une femme en mai 2018, faits pour lesquels il a été reconnu coupable, écopant de vingt mois de prison dont il n’effectuera qu’une peine de détention préventive, sous conditions de ne pas consommer de drogues et d’alcool, ainsi que de suivre une thérapie pour se soigner.

Deux viols en quatre ans

Cependant, ce n’est pas la première fois que J.V. est reconnu coupable de viol. En 2014, tandis qu’il travaillait comme DJ pour la radio universitaire de Gand, Urgent.fm, le jeune homme a violé Katrien, une étudiante, après l’avoir attirée dans son studio pour l’embrasser de force. Deux ans plus tard, le procès de ce crime s’était soldé par la suspension du prononcé de la condamnation, le tribunal jugeant qu’il ne s’agissait pas d’un « viol brutal ».

Katrien, sa première victime alerte l’opinion

Un verdict à la clémence surprenante, que nombre de Belges avaient alors dénoncé. La jeune victime, qui s’était faite discrète face à l’engouement médiatique qu’avait suscité l’affaire, s’est exprimée dans les colonnes du journal national Het Nieuwsblad. Désormais débarrassée de sa culpabilité après avoir suivi une thérapie ces deux dernières années, la jeune femme tient à lancer un signal d’alerte quant à la dangerosité de son agresseur coupable de deux viols en quatre ans.

Il ne peut pas contrôler ses pulsions. J’ai vu comment il est devenu un animal et j’ai réalisé que ce verdict n’était pas juste. Ma plus grande peur -à savoir qu’il récidive- est devenue réalité (…). Je crains que cela se reproduise encore et que des vies soient ruinées. Il est à nouveau condamné avec sursis : quel signal envoie-t-on à la société ?

S’inquiète Katrien.

Liesbeth Kennes, experte en abus sexuels et fondatrice de l’association “Vooronszelf“souligne dans le média que l’indulgence de la justice face aux violeurs n’est en rien anodine.

Si vous apprenez que votre agresseur ne reçoit pas de punition sévère et commet ensuite les mêmes faits deux ans plus tard, c’est très difficile.

Explique t-elle, insistant sur le fait que si les victimes de viol se décident à témoigner, elles ne le font pas seulement pour elles-même mais bien pour alerter la société afin que cela ne se reproduise plus.

La justice belge refuse de supprimer la suspension dans les affaires de viol

Suite au premier verdict prononcé à l’encontre de J.V. en 2016, le nouveau ministre de la justice de l’époque, Koen Geens, avait suggéré que la suspension dans les affaires de viols ne soit plus permise pour les juges. En réponse à cette proposition, le ministre s’était vu adresser un refus de la part du collège des cours et tribunaux, jugeant que cela était contraire au principe de la séparation des pouvoirs.

Les violences sexuelles en hausse dans le pays, les associations alertent

En décembre 2017, le ministère de l’Intérieur belge publiait des chiffres alarmants, révélant une hausse des viols collectifs de 11% en un an. En 2015, la Fédération des Centres de planning familial de Belgique détaillait sur son site les principales causes de la hausse des violences sexuelles dans la société, avec pour premiers motifs l’impunité flagrante des agresseurs alliée à la difficulté pour les victimes de porter plainte ainsi qu’une banalisation de la culture du viol via la pornographie et les mœurs sociales.

Publié le vendredi 17 août 2018 à 17:11, modifications vendredi 17 août 2018 à 17:13

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