Justice

Attentat de Nice : Sandra Bertin, poursuivie pour diffamation par Bernard Cazeneuve, a été relaxée

Tout commence le 14 juillet 2016. La promenade des anglais de Nice est la cible d’un camion-bélier qui vise la foule. Au total l’attaque fait 86 morts et 458 blessés. À l’époque, le gouvernement est accusé de négligences concernant le dispositif policier mis en place le soir du 14 juillet pour protéger la population.

Le gouvernement accusé de négligence

Alors que le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve annonce aux lendemains de l’attentat un dispositif imposant, beaucoup contredisent ses dires. Premièrement Christian Estrosi, alors président de la région Paca, qui met en doute le dispositif. Libération affirme, avec photo à l’appui, le 20 juillet qu’une seule voiture de police municipale barrait l’entrée de la zone piétonne sur la célèbre avenue.

Lors des événements, Sandra Bertin est à la tête du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice. Par conséquent, la jeune femme est responsable des 1 250 caméras de vidéosurveillance installées aux quatre coins de la ville. Après l’attaque, Sandra Bertin doit alors suivre la procédure habituelle pour faire remonter les informations à la hiérarchie de la police municipale. Elle doit rédiger un rapport sur le dispositif de sécurité mis en place le soir du 14 juillet.

Elle assure avoir subit des pressions du cabinet

En effet, Sandra Bertin affirme avoir reçu des pressions de la part du cabinet du Ministre. Alors qu’elle rédige le rapport, elle certifie :

J’ai un commissaire de police qui s’est présenté dans mon bureau, expliquant être envoyé par le cabinet du ministère et avoir besoin d’éléments de réponse quant au visionnage des caméras. Il me met en relation avec une personne au téléphone, qui se présente elle aussi comme faisant partie du cabinet du ministère de l’Intérieur, qui décline son nom, son prénom et me dit avoir besoin de précisions sur l’événement.

Les précisions selon la jeune femme concernent l’emplacement des policiers municipaux et nationaux sur la promenade des Anglais. Au téléphone, la personne lui demande aussi une “version modifiable” de son rapport. Sandra Bertin s’y oppose fermement. C’est alors que les appels sont “de plus en plus rapprochés” selon elle. De plus, elle ajoute qu’un commandant de police reçoit l’ordre de lui faire modifier “certains éléments”, “certains paragraphes”, et “de faire apparaître à certains endroits” des positions de la police nationale”.  À la tête de 1250 caméras, Sandra Bertin atteste que la police, même si elle était peut-être là, n’est pas apparue sur les vidéos.

Bernard Cazeneuve riposte

De fait, le Ministre d’alors se défend sur France 2 le 24 juillet 2016 : “Aucun membre de mon cabinet n’a été en contact avec madame Bertin”. Il ajoute : “Je n’ai demandé aucun rapport, je ne suis pas au courant de cette affaire” et rejette ainsi toute tentative de pression.

Durant le 20h de France 2, le Ministre de l’Intérieur a dénoncé une polémique “absurde”, une “campagne de vilenies” à son encontre. “Ça suffit de mettre en cause l’Etat”, ajoute-t-il.

Cela fait dix jours que nous sommes quasi quotidiennement confrontés à des attaques, des insinuations, des mensonges de la part de gens à Nice qui, pour certains, exercent des responsabilités politiques.

L’homme politique décide alors de porter plainte :

Selon la justice, Sandra Bertin a fantasmé les pressions

C’est en effet ce qui est ressorti du rapport de justice. Même si les propos de la jeune femme sont bien diffamatoires, la justice explique que la policière a “pu en toute bonne foi”, “fatigue physique et nerveuse” aidant, “interpréter de manière erronée” la demande d’une commissaire à la Direction centrale de la sécurité publique. Quant à la démarche de pression de la part de Bernard Cazeneuve, celle-ci semble “irréaliste, voire inconcevable” selon la 17e chambre du tribunal correctionnel.  À l’audience du 7 juillet dernier la procureure a estimé que Sandra Bertin avait “fantasmé” des pressions venues de Paris alors qu’elle rédigeait son rapport.

L’avocat de la jeune policière s’est félicité de la décision de justice :

C’est un immense soulagement, explique maître Adrien Verrier.On attendait avec impatience à la fois cette décision de relaxe, mais ce qu’il était important de connaître, c’était la motivation. Et, honnêtement, la motivation démontre que, visiblement, on a un tribunal qui a bien pris conscience et bien appréhendé les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Sur Twitter, beaucoup d’internautes ont soutenu la jeune femme, notamment Christian Estrosi :

Publié le vendredi 22 septembre 2017 à 13:45, modifications vendredi 22 septembre 2017 à 12:50

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