Justice

Affaire Romand : Le faux médecin va-t-il être remis en liberté, 20 ans après avoir tué sa famille ?

Jean-Claude Romand, le faux médecin, condamné à la perpétuité en 1996 pour le meurtre de sa famille, a demandé sa libération conditionnelle.

Pour avoir tué toute sa famille, Jean-Claude Romand a été condamné à perpétuité en 1996. Sa première demande de libération conditionnelle doit être examinée ce mardi 20 novembre.

Faux médecin de l’OMS

Incarcéré au centre pénitentiaire de Saint-Maur, dans l’Indre, Jean-Claude Romand, 64 ans, a été condamné en 1996 à la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour un quintuple homicide.

Jean-Claude Romand avait trompé pendant une quinzaine d’années ses proches et sa famille. En effet, il se faisait passer pour un médecin de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il vivait en escroquant des proches, dont son père, qui lui avaient confié leurs économies pour, disait-il, les placer en Suisse. Quand la vérité a menacé d’éclater, il a tué de sang froid, le 9 janvier 1993, sa femme, Florence, sa fille de sept ans et son fils de cinq ans à Prévessin-Moëns, dans l’Ain. Il avait ensuite assassiné ses parents à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura. Revenu chez lui, il avait mis le feu à sa maison et avalé des barbituriques. Mais il avait raté son suicide.

Cette affaire, hors norme, a largement inspiré le cinéma : L’emploi du temps, de Laurent Cantet (2001), et L’adversaire, de Nicole Garcia (2002). Ainsi que la littérature : L’adversaire d’Emmanuel Carrère.

A son procès, Jean-Claude Romand a été décrit par les psychiatres comme un « mythomane atteint d’une pathologie narcissique ».

Fin de sa période de sûreté

Jean-Claude Romand avait alors 39 ans. Il en a aujourd’hui 64, et a purgé sa peine de sûreté de 22 ans. Aussi est-il théoriquement libérable depuis 2015. C’est donc son droit, aujourd’hui, de demander une remise en liberté. Ainsi, ce mardi 20 novembre doit se tenir l’audience du tribunal d’application des peines (TAP). Par ailleurs, Jean-Claude Romand prépare son projet pour le présenter à la justice depuis de longs mois. Il propose notamment d’intégrer le foyer d’une association caritative pour laquelle il devra travailler.

Cependant, pour la famille de sa femme, qu’il a assassinée, les garanties proposées ne sont pas suffisamment rassurantes.

Qu’on ne me dise pas qu’il est un compagnon d’Emmaüs ou autre, je n’y crois pas.

A tempêté Emmanuel Crolet, le frère de Florence Romand, au micro d’Europe 1 lundi 19 novembre.

La crainte qu’il puisse encore tuer, qui peut me dire qu’elle n’existe pas ? J’en sais rien, moi. Maintenant, pensons quand même qu’il n’y a pas que lui que ça concerne.

A la prison de Saint-Maur, Jean-Claude Romand est un détenu qui n’a jamais posé problème. Il travaille : il restaure depuis plusieurs années des bandes sonores d’archives pour l’INA. Une source citée par l’AFP le décrit comme « poli, calme, très posé ». Sans passé disciplinaire, il est « tout à fait gérable », avait aussi précisé l’Administration pénitentiaire début septembre.

Publié le mardi 20 novembre 2018 à 10:55, modifications mardi 20 novembre 2018 à 10:57

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