Justice

Affaire du petit Grégory : L’enquête sur le point d’être résolue grâce au logiciel AnaCrim ?

Plus de 32 ans après la découverte du corps du petit Grégory dans la Vologne, l’affaire jamais résolue a pris un nouveau tournant grâce à un logiciel d’analyse criminel.

STORY - Episode 3/22

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L’épilogue de l’affaire Grégory est-il proche ? Trente-deux ans après l’assassinat du petit garçon de 4 ans, retrouvé pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne le 16 octobre 1984, le mystère semble se dissiper.

En effet, se gardant de toute conclusion hâtive, le procureur général de Dijon a déclaré jeudi 15 juin, lors d’un point presse :

Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime. Quelques jours avant le passage à l’acte, des repérages et surveillances ont été réalisés. Opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d’une femme.

Une avancée dans l’enquête qui a été rendue possible grâce à un logiciel d’analyse criminelle baptisé AnaCrim.

Qu’est-ce qu’AnaCrim ?

Pour le public, l’affaire Grégory a brusquement refait surface ce mercredi lorsque trois membres de la famille Villemin ont été placés en garde à vue.

Pourtant dans l’ombre, depuis des années les enquêteurs ont remonté chaque piste.

Ainsi, en toute discrétion, une cellule d’enquête, Recherche 21, travaille à temps plein sur le dossier. A la fois à Dijon et en région parisienne.

Les gendarmes s’appuient notamment sur le « super-logiciel », AnaCrim. Celui-ci est capable d’analyser des centaines de pièces de procédure, à la recherche de failles dans des affaires non élucidées.

Le principe du logiciel est d’entrer tous les éléments d’enquête (lieux, heures, témoignages…) dans une base de donnée pour qu’elle établisse une chronologie des faits, dans le temps et l’espace.

Un travail fastidieux qui nécessite de se replonger dans des dossiers parfois anciens et dans lesquels des centaines de personnes ont pu être entendues.

Les analystes vont retranscrire minutieusement tous les éléments constatés par les enquêteurs sur le terrain. Ou les détails figurant dans une audition.

A ainsi expliqué le colonel Didier Berger, chef du Bureau des affaires criminelles de la gendarmerie, dans les colonnes du Parisien.

Ainsi, cette technique est particulièrement utile pour les affaires anciennes, dans lesquels l’enquête stagne.

En effet, la moindre irrégularité relevée par l’ordinateur peut permettre de réorienter les gendarmes vers une piste nouvelle ou abandonnée. Les résultats obtenus par AnaCrim peuvent aussi faire basculer le déroulement d’une garde à vue. Mettant un témoin face à un propos flou ou contradictoire qu’il aurait tenu.

Le rôle d’AnaCrim dans l’affaire du petit Grégory

Dans l’affaire du petit Grégory, les principales exploitations scientifiques menées depuis le début des années 2000, à savoir l’ADN sur les cordelettes et les enregistrements téléphoniques du Corbeau, se sont toujours révélées infructueuses.

C’est probablement pour cela que les gendarmes se sont tournés vers AnaCrim et l’analyse par ordinateur.

Ainsi, pour la seule affaire Grégory, trois personnes ont été mobilisées pendant plus de six mois pour rentrer les 12.000 pièces de procédure dans le logiciel.

Ainsi, l’enquête s’oriente donc désormais vers une vérification des emplois du temps de tous les protagonistes de l’affaire.

Cependant, il ne s’agit que d’une étape supplémentaire dans une affaire « très compliquée », de l’aveu même du procureur général.

Publié le vendredi 16 juin 2017 à 12:33, modifications jeudi 20 juillet 2017 à 14:45

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