Justice

Affaire du petit Grégory : une confrontation entre Murielle Bolle et son cousin organisée fin juillet

Le cousin de Murielle Bolle a affirmé qu’elle avait été maltraitée par sa famille afin qu’elle revienne sur son témoignage qui accusait son beau-frère en 1984, Bernard Laroche, d’avoir enlevé Grégory Villemin. Une confrontation va donc finalement être organisée entre Murielle Bolle et son cousin. Des réponses pourraient enfin être apportées dans l’affaire du petit Grégory Villemin, l’une des plus grandes énigmes judiciaires françaises.

Selon des informations du Figaro, la confrontation entre Murielle Bolle et son cousin, P.F., se déroulera le 28 juillet.

Les confessions accablantes du cousin de Murielle Bolle

Cet homme affirme que, sous ses yeux, Murielle Bolle a été violentée par sa famille dans la soirée du 5 novembre 1984. Ce déferlement de violence à l’encontre de la jeune fille, seulement âgée de 15 ans à l’époque, intervenait, selon son cousin, afin qu’elle puisse retirer son témoignage accablant contre son beau-frère Bernard Laroche. Le principal suspect dans l’enlèvement du petit Grégory Villemin était l’époux de la sœur de Murielle Bolle, prénomée Marie-Ange. Murielle Bolle a été récemment mise en examen pour l’enlèvement suivi de la mort de Grégory Villemin.

Des confessions plus de trente ans après les faits

Le témoignage du cousin de Murielle Bolle intervient très tardivement dans l’affaire du petit Grégory. Son cousin, P.F., n’a jamais été entendu auparavant d’après des informations du Figaro. Son témoignage a été déposé le 17 et le 27 juin 2017.

Un scénario discrédité par les faits détaillés par les avocats de Bernard Laroche et de Murielle Bolle

Le récit du cousin de Murielle Bolle était pourtant remis en cause par l’avocat parisien de Bernard Laroche, Paul Prompt. Décédé en février dernier, il avait auparavant précisé la chronologie des faits à l’époque. Le 5 novembre 1984, Bernard Laroche était arrêté à 13h15 pour l’assassinat de Grégory et incarcéré à Nancy. Le 6, le président du groupe qui emploie Bernard Laroche en tant que contremaître, demande à Maître Prompt, avocat de la société, de défendre ce salarié apprécié de sa direction et de ses collègues. L’avocat accepte et en informe, par téléphone, son épouse, Vosgienne, qui séjourne chez ses parents, à Epinal.

Maître Prompt téléphone dans la foulée à l’avocat Gérard Welzer, du barreau d’Epinal, pour qu’il aille rencontrer Bernard Laroche en maison d’arrêt. Maître Welzer obtient un permis de communiquer le 6 novembre 1984. Le document original a d’ailleurs bien été conservé. Il va donc voir Bernard Laroche, seul. Ces faits rappelés par Le Figaro, ont été confirmés à l’époque dans un entretien de l’avocat avec la presse locale. Maître Prompt arrive sur place le 8 novembre et prend alors connaissance du dossier. Le 9 novembre 1984, Bernard Laroche est entendu pour la première fois par le juge d’instruction Jean-Michel Lambert.

Les proches de Murielle Bolle n’auraient pas pu matériellement faire pression sur elle selon les avocats du dossier

Maître Welzer affirme que Murielle Bolle, contrairement à la version de son cousin, n’a donc pas passé la soirée du 5 chez ses parents. Elle s’y trouvait bien en fin d’après-midi. Mais l’atmosphère était tendue dans la maison familiale. La déposition de l’adolescente avait provoqué l’arrestation de son beau-frère, Bernard Laroche. La mère de la jeune fille, Jeanine Bolle, avait donc demandé à l’une de ses filles, Marie-Thérèse, d’héberger Murielle, ce qui fut fait, selon l’avocat.

Le lendemain matin, Murielle Bolle avait dénoncé l’attitude des gendarmes à son égard durant son audition. Ses accusations envers Bernard Laroche auraient été selon elle extorquées par les gendarmes. Elle a donc finalement décidé de revenir sur son témoignage. Reçue le jour même par le juge, le revirement de Murielle Bolle a donc été acté par la justice à l’époque.

Murielle Bolle dévastée par son incarcération

Murielle Bolle est actuellement détenue depuis le 30 juin 2017 suite aux nouveaux rebondissements après l’arrestation et les auditions des époux Jacob. La demande de remise en liberté de Murielle Bolle a été rejetée cette semaine par la chambre de l’instruction de Dijon. Ses avocats Jean-Paul Teissonière et Christophe Ballorin en déposeront une nouvelle en début de semaine prochaine. Ils vont notamment proposer plusieurs adresses d’hébergement pouvant accueillir Murielle Bolle. Afin de clamer son innocence et pour dénoncer ses conditions de détention, elle a entamé une grève de la faim cette semaine. Maître Ballorin envisage de déposer une plainte pour faux témoignage et dénonciation calomnieuse contre le cousin de Murielle Bolle, P.F.

Murielle Bolle : de témoin-clé à suspect idéal ?

Murielle Bolle est considérée, depuis novembre 1984, comme un témoin-clé dans l’affaire Grégory. Elle a été placée en détention trente-deux ans après les faits. Aucun élément matériel ne permet pourtant de réellement l’incriminer. Les gendarmes de la section de recherches de Dijon ont repris l’enquête de zéro. Leurs conclusions, dévoilées dans leur synthèse rendue en mai, ont établi que Murielle Bolle n’avait aucun mobile pour participer à un complot familial destiné à nuire à Jean-Marie Villemin. Les principaux motifs de haine, de jalousie et de détestation provenaient principalement de son oncle, Marcel Jacob, de la femme de ce dernier, Jacqueline Jacob, et de son cousin Bernard Laroche.

L’affaire du petit Grégory trouvera-t-elle enfin une issue judiciaire ?

Le couple Jacob a été mis en examen le 16 juin dernier pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils ont depuis été remis en liberté sous contrôle judiciaire dans des logements séparés géographiquement.

Les nombreux rebondissements de ces dernières semaines devaient apporter des avancées spectaculaires et des réponses dans le cadre de l’enquête sur la mort du petit Grégory Villemin. Les révélations du cousin de Murielle Bolle et la grève de la faim de cette dernière viennent d’apporter encore un peu plus de complexité dans ce dossier. La confrontation entre Murielle Bolle et son cousin à la fin juillet pourrait permettre de lever certains doutes. La Justice pourrait également permettre d’obtenir des avancées spectaculaires grâce à des confrontations entre les époux Jacob et Murielle Bolle. Les derniers secrets familiaux  risquent d’éclater au grand jour et la parole pourrait enfin se libérer plus de trente ans après la mort du petit Grégory Villemin.

Publié le samedi 8 juillet 2017 à 13:53, modifications samedi 8 juillet 2017 à 13:53

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