Justice

Meurtre du préfet Erignac : Yvan Colonna ne retournera pas en Corse

Condamné à perpétuité en 1998 pour l’assassinat du préfet Erignac, Yvan Colonna est emprisonné depuis 2003 sous un régime de surveillance renforcée.

Yvan Colonna espérait pouvoir rejoindre la prison de Borgo, au sud de Bastia. Cependant, le recours de l’assassin du préfet Erignac, qui réclamait la levée de son inscription sur le registre des détenus particulièrement signalés (DPS), a été rejeté par le Conseil d’Etat lundi 29 janvier.

Un détenu particulièrement signalé

Actuellement incarcéré en Arles (dans les Bouches-du-Rhône), Yvan Colonna est emprisonné sous ce statut depuis 2003. Si son inscription sur le répertoire des DSP est réexaminée tous les ans, elle a toujours été reconduite. Or, pour espérer rejoindre la Corse, l’assassin du préfet Erignac devrait obtenir la levée de son inscription sur ce registre. Néanmoins, en raison des liens entre le prisonnier et la mouvance indépendantiste corse, sa demande a été rejetée.

C’est plutôt un détenu modèle et il n’y a pas de risque d’évasion.

A pourtant plaidé à l’audience l’avocat d’Yvan Colonna, Patrice Spinosi. En outre, il a déclaré qu’il était « susceptible d’être libéré dans trois ans ». Par conséquent, il voulait « pouvoir préparer sa sortie ».

Les nationalistes corses demandent le rapprochement des prisonniers

Toutefois, le Conseil d’Etat a estimé qu’il n’est pas assuré que le détenu « ait rompu tout lien avec cette mouvance. Ainsi, une éventuelle évasion résulterait d’un « grave trouble à l’ordre public ».

L’inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés a pour objet d’appeler l’attention des personnels pénitentiaires. Et des autorités amenés à le prendre en charge sur ce détenu. En intensifiant à son égard les mesures particulières de surveillance, de précaution et de contrôle.

S’est justifiée la plus haute juridiction administrative.

Enfin, cette dernière a rappelé que l’inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés « ne détermine pas le lieu géographique de détention ». Par ailleurs, le Conseil d’Etat a jugé qu’elle n’est pas contraire à l’objectif de préparation à la sortie de prison.

Dès lors qu’elle n’entraîne pas la privation d’accès aux activités qui sont les mêmes que celles proposées aux autres détenus.

Enfin, parmi les revendications majeures des nationalistes récemment élus à l’Assemblée de Corse figure la question du rapprochement des prisonniers corses pour qu’ils purgent leur peine à la prison de Borgo, au sud de Bastia. En outre, ils demandent l’amnistie de la vingtaine de détenus qu’ils considèrent comme des « prisonniers politiques ». Le gouvernement a indiqué étudier « au cas par cas la situation de ceux qui sont actuellement emprisonnés sur le continent ». Et ce, en fonction de leur durée de peine et de leur comportement .

Le 6 février prochain, à Ajaccio, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, va rendre un hommage appuyé au préfet Claude Erignac. Le 6 février 1998, celui-ci avait été tué de trois balles dans le dos alors qu’il allait rejoindre son épouse à un concert de musique classique à Ajaccio (Corse-du-Sud). Cela fera vingt ans jour pour jour.

Publié le mercredi 31 janvier 2018 à 15:31, modifications mercredi 31 janvier 2018 à 16:17

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