Justice

Cédric R., fausse victime du Bataclan, condamné à 2 ans de prison dont 6 mois ferme

Cédric R., ambulancier de 29 ans a été jugé pour « tentative d’escroquerie » après avoir demandé une indemnisation au Fond de garantie des victimes de terrorisme. Il assurait être présent au Bataclan le soir du 13 novembre 2015. Il n’en était rien.

Vendredi 1er décembre, Cédric R., qui s’était fait passer pour une victime de l’attentat du Bataclan, a été reconnu coupable de « tentative d’escroquerie » par le tribunal correctionnel de Versailles. Il a donc été condamné à 2 ans de prison dont 6 mois ferme avec mandat de dépôt et 2 ans de mise à l’épreuve.

Mais le jeune homme de 29 ans est également condamné à une obligation de soins psychologiques. Il devra enfin verser un euro symbolique de dommages et intérêts au Fond de garantie des victimes de terrorisme et à l’association de victimes.

Un mensonge pour “paraître plus important”

Au lendemain des attentats de Paris, le témoignage de cet ambulancier de formation s’était étalé dans les médias nationaux. Il racontait alors que le soir des attentats du 13 novembre 2015, il prenait un verre sur la terrasse du Bataclan Café. Selon ses déclarations de l’époque, une « femme enceinte » avait été touchée par « les balles qui lui étaient destiné ». Le bornage de son téléphone portable l’a finalement trahi : il se trouvait bien à son domicile, dans les Yvelines, au moment précis de l’attaque.

Mais aujourd’hui, face à la justice, Cédrice R. exprime ses regrets d’avoir inventé toute cette histoire. Il a dit sa volonté d’« être honnête » et a ainsi déclaré :

Je me suis caché derrière un mensonge pour paraître plus important ou pour être mieux.

Commence alors le récit de cette terrible soirée du 13 novembre 2015. En attendant les informations, le jeune homme souhaite se rendre sur place.

J’ai pris ma voiture, j’ai foncé là-bas pour aider, pour porter assistance.

Révèle-t-il tout en se disant « malade » de ne pas avoir été autorisé à pénétrer dans le périmètre de l’attaque.

Rencontre avec des vraies victimes du Bataclan

Dès le lendemain, le prévenu va alors entrer dans une “mécanique d’engrenage dont il est difficile de s’extraire”, a expliqué à la Cour le psychologue qui a pratiqué l’expertise.
Il retourne devant le Bataclan le samedi 14 novembre et y rencontre une jeune femme en larmes. Une rescapée.

Je voulais être là, lui parler, je lui ai dit que j’y étais aussi.

Explique-t-il au tribunal.

Les semaines qui suivent, il côtoie d’autres rescapés. Il en vient donc à devoir partager son histoire aux micros qui se tendent vers lui et s’enfonce un peu plus dans son mensonge.
Devant le tribunal, Cedric R. dit avoir été obligé de faire une demande d’indemnisation auprès du Fond de garantie des victimes de terrorisme pour se justifier auprès des vraies victimes qui étaient devenues des amis. Il nie donc toute volonté d’enrichissement ou d’arnaque.

À cette époque-là, je n’allais pas bien du tout, je me sentais seul. J’ai trouvé un sentiment d’appartenance auprès d’un groupe dans lequel j’étais bien. Je cherchais de la reconnaissance.

Confie enfin le jeune homme qui est directement reparti en prison où il est écroué depuis octobre.

Publié le samedi 2 décembre 2017 à 13:06, modifications samedi 2 décembre 2017 à 11:55

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