Justice

175.000 dollars pour un policier qui avait refusé de tirer sur un suspect Afro-Américain

Le policier a gagné en justice pour licenciement abusif pour ne pas avoir tiré sur un homme noir suicidaire.

Un policier de Virginie Occidentale (Etats-Unis) avait été licencié pour refus de tirer sur un homme Afro-Américain suicidaire. Il a contesté la décision en justice et va obtenir 175.000 dollars en compensation.

L’homme avait été tué par ses collègues

Les faits remontent à 2016. Stephen Mader qui travaillait dans la ville de Weirton en Virginie Occidentale intervient face à RJ Williams, un homme Afro-Américain qui menace de se suicider. Plutôt que de sortir son arme tout de suite, l’ancien Marine tente alors de discuter pacifiquement. Et ce, alors même que l’homme l’incite à lui tirer dessus ! “Je me suis dit que je pourrais lui parler et apaiser les choses. Je savais que c’était une situation de “suicide par policier” expliquait alors Mader à l’époque. 

Les collègues de Mader, à peine arrivés font quant à eux feu sur l’homme et le tuent. L’enquête révélera ensuite que l’arme de la victime n’était pas chargée. L’enquête innocente toutefois les collègues de Mader qui est quant à lui renvoyé. Une lettre lui reproche de ne pas avoir fait usage de son arme pour “éliminer la violence” et de “s’être figé”.

Pas vraiment décidé à se laisser faire, Mader a reçu l’aide de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) pour contester cette décision. La ville a décidé de négocier pour éviter que la procédure ne se poursuive. De quoi permettre à Mader de toucher 175.000 dollars de compensation pour licenciement abusif.

Les dérives de la police contre les Afro-Américains

Si cette situation peut paraître totalement dingue d’ici et surtout révélatrice d’une mentalité “Far-West”, les violences conte la population afro-américaine sont un problème majeur aux Etats-Unis. Une carte de la violence réalisée par le site “Mapping Police Violence” révèle ainsi que 1.147 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre au pays de l’Oncle Sam en 2017. La population afro-américaine représente 25% des victimes même si seulement 13% de la population. Et moins d’un tiers étaient de fait suspectés d’un crime ou armés.

Mais, bien souvent, les condamnations n’arrivent jamais, les policiers sont innocentés. Comment l’expliquer ? C’est en grande partie à cause de la jurisprudence en vigueur. En 2014, la Cour Suprême, la plus haute instance judiciaire américaine avait ainsi statué dans une affaire que “si tirer sur un suspect est justifié pour mettre un terme à une grave menace à l’ordre public, alors les policiers ne sont pas obligés d’arrêter de tirer tant que la menace n’a pas disparu”. Par ailleurs, la pertinence de l’utilisation de la force doit être “jugée du point de vue d’un policier présent sur la scène”. Tout un programme.

Publié le mardi 13 février 2018 à 17:52, modifications mardi 13 février 2018 à 18:16

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