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Jean-Jacques Urvoas, l’ancien ministre de la Justice, mis en examen par la Cour de justice

Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen par la Cour de justice. Il est soupçonné d’avoir transmis des informations à Thierry Solère sur une affaire judiciaire le concernant.

Selon Le Monde, l’ancien garde des Sceaux du gouvernement de Bernard Cazeneuve, Jean-Jacques Urvoas, a été mis en examen mardi 19 juin par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République pour « violation du secret professionnel ». Il est soupçonné d’avoir transmis des informations à Thierry Solère dans une enquête dans laquelle il était impliqué.

Thierry Solère visé par une enquête depuis 2016

Jean-Jacques Urvoas a été ministre de la Justice de janvier 2016 à mai 2017 sous la présidence socialiste de François Hollande. Ainsi, la Cour de justice le soupçonne d’avoir envoyé une note de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) à Thierry Solère. Et ce, pendant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Le député des Hauts-de-Seine à l’époque du parti Les Républicains est aujourd’hui rallié à LREM.

Or, depuis le 6 septembre 2016, Thierry Solère était visé par une enquête préliminaire. Celle-ci a été ouverte par le parquet de Nanterre pour « fraude fiscale, blanchiment, corruption, trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux ». En clair, l’ancien garde des Sceaux aurait usé de son statut de ministre pour demander à la Direction des affaires criminelles une synthèse de l’enquête préliminaire visant Thierry Solère. Jean-Jacques Urvoas aurait ensuite transmis cette synthèse à l’intéressé. Or, à cette période le nom de Thierry Solère circulait pour un éventuel poste à haute responsabilité dans le premier gouvernement d’Emmanuel Macron.

Par ailleurs, d’après Le Canard enchaîné, les deux hommes auraient pourtant pris grand soin à communiquer de manière discrète, via l’application de messagerie cryptée Telegram. Toutefois, les policiers ont fini par découvrir ces échanges lors d’une perquisition au domicile de Thierry Solère en juin 2017. La procureure de Nanterre avait confirmé que des éléments « susceptibles d’engager la responsabilité pénale de Jean-Jacques Urvoas » avaient été saisis lors d’une perquisition. Puis transmis le 5 décembre au procureur général près la Cour de cassation.

Face à ces accusations, l’ancien ministre de la Justice a vivement contesté cette mise en examen :

J’ai toujours exercé mes attributions conformément à la loi et en particulier celle du 25 juillet 2013. Ce reproche est une blessure alors que j’ai agi. Comme je l’ai toujours fait en ma qualité de Garde des Sceaux. Pour la défense de l’autorité judiciaire et son indépendance.

A-t-il déclaré par la voix de son avocat.

Publié le vendredi 22 juin 2018 à 9:13, modifications vendredi 22 juin 2018 à 8:51

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