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Israël lance des raids aériens contre Gaza en représailles à un tir de roquette

L’aviation israélienne a lancé mercredi matin des raids dans la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquette, les premiers depuis des semaines en provenance du territoire palestinien en proie à des tensions grandissantes.

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne et à qui Israël a imputé la responsabilité des tirs contre Israël les a cependant condamnés dans un communiqué.

Ces actes d’hostilité interviennent dans une période de crispations ravivées qui font craindre un nouveau conflit entre Israël et les groupes armés palestiniens, dont le Hamas.

Israël a en outre annoncé la fermeture pour une durée non précisée de ses deux points de passage avec la bande de Gaza, pour les biens et les personnes, renforçant encore l’enfermement du territoire qui ne dispose par ailleurs que d’un point de passage avec l’Egypte.

Le spectre d’une nouvelle escalade s’est fait plus menaçant ces derniers jours. Dans la nuit, deux roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël.

Une maison endommagée par un tir de roquette depuis la bande de Gaza, le 17 octobre 2018 à Beer-Sheva, dans le sud d'Israël

(credit photo AFP) Une maison endommagée par un tir de roquette depuis la bande de Gaza, le 17 octobre 2018 à Beer-Sheva, dans le sud d’Israël

L’une d’elles est tombée à Beer-Sheva (sud), à une quarantaine de kilomètres de Gaza, causant de gros dégâts sur la maison d’une famille de trois enfants. Leur mère leur a sauvé la vie à quelques secondes près en les réveillant pour se précipiter vers un abri, a dit l’armée.

L’autre engin est retombé en mer, au large de l’agglomération de Tel-Aviv, qui se trouve à 70 km au nord de la bande de Gaza.

“A 4h00 ce matin, les Israéliens de Beer-Sheva couraient vers les abris après le lancement d’une roquette de la bande de Gaza contre Israël”, a tweeté l’armée israélienne.

“Nous défendrons les populations civiles israéliennes”, a-t-elle ajouté, laissant présager sa future riposte, quasiment systématique dans de tels cas.

A la levée du jour, l’armée a annoncé que ses avions de combat avaient en effet “commencé à attaquer des cibles terroristes dans la bande de Gaza”.

Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza

(credit photo AFP) Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza

Six sites ont été frappés, a indiqué le Hamas dans un communiqué. Trois personnes ont été blessées par les frappes, selon le ministère gazaoui de la Santé.

On ignore qui, à Gaza, a tiré. Mais l’armée israélienne dit tenir le Hamas pour responsable de ce qui se passe dans le territoire sous son contrôle et frappe communément des positions du mouvement islamiste en représailles à de tels tirs.

“Coup sévère”

Ce tir de roquette survient alors que l’issue des efforts menés depuis plusieurs semaines par l’Egypte et l’ONU en vue d’une trêve durable paraît très aléatoire.

Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza

(credit photo AFP) Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza

Dans un communiqué conjoint avec ses alliés dans la bande de Gaza, le Hamas a dit mercredi rejeter “toutes les tentatives irresponsables” d’affaiblir la médiation égyptienne entre les parties, “y compris le tir de roquette de la nuit dernière”.

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a affirmé mardi la nécessité de porter un “coup sévère” au Hamas à Gaza.

M. Lieberman a aussi souligné que la décision n’appartenait pas qu’à lui, mais aussi au cabinet de sécurité qui, selon lui, est divisé sur la question d’une action militaire d’envergure.

Un des ministres membres du cabinet de sécurité israélien a mis en doute une réunion de ce forum restreint en charge des questions les plus sensibles autour du Premier ministre. Une telle réunion était initialement annoncée dans la presse.

Israël et le Hamas ainsi que ses alliés se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent un cessez-le-feu régulièrement remis en cause depuis le conflit de 2014.

Depuis le 30 mars, Gaza, territoire éprouvé par les guerres, la pauvreté et la réclusion, est le théâtre d’une vaste mobilisation contre le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël. Les manifestants réclament aussi le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Souvent violentes, ces manifestations près de la barrière frontalière de plusieurs mètres de haut, étroitement gardée par l’armée israélienne, sont plusieurs fois allées de pair avec des échanges de tirs de roquettes, d’obus et de missiles entre groupes armés gazaouis et armée israélienne.

Dans la nuit du 8 au 9 août, Israël avait essuyé plus de 180 tirs de roquettes et de mortier. Son armée avait riposté en frappant plus de 150 sites militaires du Hamas, selon l’armée israélienne, avant un arrêt des hostilités par les entremises onusiennes et égyptiennes.

Au moins 206 Palestiniens ont été tués depuis le 30 mars, la plupart lors de protestations le long de la frontière, d’autres par des frappes de chars ou de l’aviation israélienne. Un soldat israélien a été tué.

Le ministère gazaoui de la Santé a annoncé mardi soir que Saddam Abou Shalash, 27 ans, blessé lundi lors de heurts, avait succombé à ses blessures.

Publié le mercredi 17 octobre 2018 à 9:45, modifications mercredi 17 octobre 2018 à 9:45

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