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Huile de palme : Greenpeace dénonce les multinationales qui ne respectent pas les normes environnementales

L’ONG Greenpeace a publié une enquête sur la provenance de l’huile de palme réalisé auprès de 25 multinationales. Le constat est alarmant : sur ces 20 groupes, 12 se fournissent chez des producteurs qui contribuent à la déforestation en Asie.

Une enquête sur l’huile de palme menée par Greenpeace et publiée mercredi 19 septembre révèle que derrière les discours du « zéro déforestation » prônés par les géants de l’agroalimentaire, la réalité est beaucoup moins verte.

130.000 hectares de forêts détruits

Ainsi, l’ONG a, grâce à des cartographies, examiné l’activité des 25 plus gros producteurs d’huile de palme. Le résultat est sans appel : ces cultivateurs ont détruit plus de 130.000 hectares de forêts et de tourbières depuis 2015. En outre, plus de 40% des terres déforestées sont situées dans la province indonésienne de Papouasie, le nouvel eldorado du secteur de l’huile de palme, explique le rapport de l’association.

Or, cette région du monde est l’une des plus riches en biodiversité. Et était jusque-là préservée de l’industrie de l’huile de palme. Pour mémoire, l’Indonésie et la Malaisie fournissent 85 % de la production mondiale de l’huile de palme. Alors que l’impact des exploitations d’huile de palme est aujourd’hui connu du grand public, la déforestation ne s’arrête pas malgré la certification « huile de palme durable ». Cette appellation tente de contrôler les exploitations d’huile de palme afin de réduire l’impact environnemental de cette industrie. En effet, s’ajoutant au désastre écologique sur la faune et la flore, les industries palmistes repoussent les populations autochtones vivants dans ces forêts luxuriantes.

De l’huile de palme “sale” dans les assiettes et les cosmétiques

Par ailleurs, Greenpeace a analysé la liste des clients de ces producteurs. Tous ont vendu de l’huile de palme à des multinationales agroalimentaires et cosmétiques au cours des 12 derniers mois. Ainsi, Colgate-Palmolive, General Mills, Hershey, Kellogg’s, Kraft Heinz, L’Oréal, Mars, Mondelez, Nestlé, PepsiCo, Recckitt Benckiser et Unilever utilisent de l’huile de palme en provenance d’entreprises ne répondant pas aux normes environnementales mondiales. Parmi eux, le principal accusé est le groupe singapourien Wilmar International. Il s’agit du plus gros négociant d’huile de palme au monde. Mais surtout le client de 18 des 25 de producteurs analysés. Wilmar est également l’un des principaux fournisseurs des industriels de l’agroalimentaire. Pourtant, le groupe avait certifié en 2013 la fin des « déforestations, toutes destructions de tourbières, toutes exploitations humaines ».

Ces multinationales doivent régler le problème une bonne fois pour toutes en suspendant leurs relations avec l’entreprise Wilmar. Tant qu’elle ne peut pas prouver que son huile de palme ne contribue pas à la déforestation.

A alerté Cécile Leuba, chargée de campagne Forêts à Greenpeace France et citée dans Le Monde.

Double discours

De plus, l’ONG dénonce le double discours de ces géants industriels. Ceux-là même qui, depuis les années 2010, se sont engagés à utiliser une huile de palme durable.

Bien que les multinationales agroalimentaires et cosmétiques et leurs fournisseurs se soient engagés à faire le ménage dans leur chaîne d’approvisionnement d’ici à 2020, tous continuent de s’approvisionner auprès de producteurs qui détruisent les forêts.

Décrie l’ONG dans son rapport.

Greenpeace pointe notamment le manque de moyens attribués par les industriels au contrôle de leur chaîne d’approvisionnement.

Plusieurs années après s’être engagées, les marques de l’agroalimentaire ne sont toujours pas en mesure de contrôler leur chaîne d’approvisionnement et de surveiller les groupes de producteurs. Elles ne se sont pas données les moyens nécessaires (cartes de concession, données..) pour monitorer les actions de leurs fournisseurs.

Publié le jeudi 20 septembre 2018 à 12:02, modifications jeudi 20 septembre 2018 à 10:33

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