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Grève des fonctionnaires : Les agents du service public dans la rue ce mardi

Plusieurs syndicats ont appelé à descendre dans la rue pour s’opposer aux mesures annoncées par le gouvernement. À priori, cette grève des fonctionnaires devrait être très suivie et plusieurs services publics tourneront au ralenti.

C’est la première grève des fonctionnaires depuis 10 ans. En effet, les 5,4 millions d’agents de la fonction publique sont appelés par tous leurs syndicats à faire grève et à manifester ce mardi 10 octobre.

Les mesures à l’origine de cette grève

Les fonctionnaires ont effectivement une liste de griefs contre le gouvernement Macron.

  • Suppression de 120.000 postes d’ici 2022 :

Dans le détail, ce sont 70.000 postes qui sont visés dans les collectivités locales et 50.000 dans la fonction publique d’Etat. L’objectif affiché par le gouvernement est de réduire la dépense publique de 3 points de PIB en trois ans. Toutefois, comme il l’avait annoncé durant sa campagne électorale, Emmanuel Macron entend épargner la fonction publique hospitalière.

  • Gel du point d’indice:

Mis en place par le gouvernement Fillon en 2010 et annulé en 2016, cet indice qui sert au calcul de la rémunération des fonctionnaires, devrait faire prochainement son retour. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la mesure avait permis d’économiser 7 milliards d’euros. Cependant, les fonctionnaires, eux, ont dénoncé la perte de pouvoir d’achat qu’elle a entraîné.

  • Le retour du jour de carence :

Pour rappel, les jours de carence ne font pas l’objet d’indemnités de la part de la Sécurité sociale en cas d’arrêt maladie. Au nombre de trois dans le secteur privé, les fonctionnaires n’en ont aucun. Le gouvernement Fillon avait déjà mis en place un jour de carence dans la fonction publique. Or, cette mesure avait été supprimée en janvier 2014 sous le quinquennat de François Hollande. Ainsi, son rétablissement devrait permettre à l’Etat de récupérer 170 millions d’euros par an. Mais également de lutter contre les absences abusives.

Une efficacité que n’a pas manqué de rappeler Edouard Philippe lundi 8 octobre au micro d’Europe 1 :

Il y a quelques années, le jour de carence avait produit de remarquables résultats pour lutter contre l’absentéisme.

  • La hausse de la CSG

Comme les salariés du privé, les fonctionnaires vont connaître une hausse de la CSG. Le gouvernement a prévu une baisse des charges afin de compenser cette augmentation. Toutefois, les fonctionnaires n’en bénéficieront pas puisqu’ils ne paient pas de cotisations chômage.

Ainsi, cet appel unitaire contre ces mesures gouvernementales devrait se traduire par un service public au ralenti voire complètement à l’arrêt. Ainsi écoles, crèches, bibliothèques ou gymnases vont être impactés. En plus des perturbations déjà annoncées dans les transports, hôpitaux ou services postaux.

Les perturbations attendues

  • Grève très suivie dans les écoles et les crèches

Tous les enseignants sont appelés à la grève par leurs syndicats, y compris ceux du privé, par des organisations les représentant. Francette Popineau, la secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, s’attend à ce que le mouvement soit « très suivi ». À noter que la loi d’août 2008 a instauré un droit d’accueil des élèves en maternelle et élémentaire. Ainsi, même si les enseignants sont en grève, l’école doit accueillir les enfants. Toutefois, un principe valable uniquement dans le primaire.

Trois sujets irritent particulièrement les enseignants. Les salaires, la réinstauration du jour de carence et la réduction du nombre de contrats aidés. Ces derniers jouent un rôle-clé pour le bon fonctionnement des établissements.

  • Les services hospitaliers

Pour la première fois depuis la loi Bachelot de 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers se sont joints de concert à l’appel de la fonction publique. Ainsi, médecins, pharmaciens et dentistes sont invités à faire grève avec les personnels paramédicaux (aide-soignants, infirmiers, etc…). Par conséquent, des opérations devraient être reportées. Ils entendent dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et « l’étranglement financier » de l’hôpital. Comme eux, les praticiens hospitaliers sont concernés par le gel du point d’indice ou le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie. Toutefois, ils s’élèvent en masse contre la baisse de leur pouvoir d’achat.

  • Dans les transports

À la SNCF, les syndicats SUD, qui veut faire « converger » les luttes », et CFDT, qui dénonce les ordonnances et la hausse de la CSG, ont déposé des préavis de grève. Quant à la CGT, elle n’a pas appelé pas à des débrayages. Toutefois, elle a invité, « par solidarité », les cheminots à rejoindre les cortèges.

Côté trafic, « il n’y a pas de perturbation attendue », a annoncé la direction de la SNCF. Ainsi, les TGV, Transilien, TER, Eurostar et Thalys devraient circuler normalement.

Par ailleurs, les contrôleurs aériens sont également appelés à faire grève par la CGT, FO, la CFDT et l’Unsa. La direction générale de l’aviation civile (DGAC) a recommandé aux compagnies aériennes de réduire de 30% leurs vols mardi.

De plus, des perturbations sont attendues « sur l’ensemble du territoire ».

  • D’autres secteurs en grève :

Chez les policiers, Alternative CFDT et l’Unsa-police ont appelé leurs effectifs à manifester dans les cortèges. L’ensemble des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications, SFR, Free, Chronopost, sont aussi appelés à se mobiliser. Même chose pour les agents, de droit public ou de droit privé et de Pôle Emploi.

Ils protestent contre des suppressions de postes et la présentation d’un budget en baisse de quatre milliards d’euros en cinq ans.

Publié le mardi 10 octobre 2017 à 10:49, modifications mardi 10 octobre 2017 à 10:40

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