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Grande-Bretagne : Assassinat de Jo Cox, une députée travailliste

La députée de 41 ans, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, a été tuée en banlieue de Leeds. La campagne sur le référendum pour la sortie de l’Europe a été interrompue.

Jo Cox a été attaquée à coups de couteau et tirs de revolver, jeudi 16 mai à Birstall, dans la banlieue de Leeds (dans le nord de l’Angleterre) par un homme d’une cinquantaine d’années.

L’attaque s’est produite à proximité de la bibliothèque municipale de la ville, endroit où la députée avait pris l’habitude de rencontrer régulièrement ses administrés. La députée travailliste n’a pas pu être sauvé et a succombé à ses blessures à l’hôpital de Leeds.

Si la parlementaire n’était pas une personnalité politique connue en France, ses origines sociales, son parcours et son positionnement politique pro-européen avait pourtant fait d’elle une icône anti Brexit au Royaume-Uni.

A ce sujet, l’agresseur aurait crié « Britain first » (la Grande-Bretagne d’abord). À une semaine du vote qui décidera du maintien ou pas du pays dans l’Union Européenne, ce meurtre brutal a paralysé tous les débats outre-Manche.

Cette maman de deux enfants, de 2 et 5 ans, qui vivait à Londres sur une péniche amarrée sur la Tamise (près de Big Ben), était largement considérée comme l’une des favorites de la nouvelle génération d’hommes et femmes de la gauche britannique.

Diplômée de la prestigieuse université de Cambridge, Jo Cox avait raconté dans le Yorshire Post comment elle avait fait le choix de s’engager en politique :

Je n’étais pas intéressée par la politique, pas spécialement de gauche. Cambridge m’a révélé l’importance démesurée de l’endroit où l’on naît, du carnet d’adresses. Je ne parlais pas comme il faut, je ne connaissais pas les bonnes personnes. Pendant que mes camarades partaient en année de césure, je passais mes étés à emballer des cartons de dentifrice à l’usine où travaillait mon père. Je dois dire que pendant 5 ans, mon expérience de Cambridge m’a vraiment secouée.

Jo Cox était donc arrivée en politique sur le tard après avoir occupé un poste au sein de l’ONG Oxfam (qui milite contre l’esclavage moderne dans le monde), puis en étant conseillère de la fondation Bill et Melinda Gates.

Dès ses débuts en politique, elle avait exprimé son profond attachement pro-européen et avait publié une tribune dans le Yorshire Evening Post, le 10 juin, dans laquelle elle avait expliqué qu’une sortie de l’Union Européenne (communément appelé le Brexit) ne serait pas une réponse à la question de l’immigration.

Elle aurait voulu deux choses, avant tout. La première, que nos précieux enfants soient entourés d’amour, et la deuxième, que nous nous unissions toutes pour combattre la haine qui l’a tuée. La haine n’a ni principe, ni race, ni religion : c’est du poison. »

A déclaré son époux, Brendan Cox, dans un communiqué.

https://twitter.com/B3zero/status/743490304670478336

De nombreux hommages lui ont été rendus au Royaume-Uni :

La mort de Jo Cox est une tragédie. C’était une députée dévouée et impliquée. Mes pensées vont à son mari Brendan et ses deux jeunes enfants

A tweeté le Premier Ministre conservateur, David Cameron.

Sadiq Khan, le maire de Londres, récemment élu, s’est dit

choqué de cette horrible nouvelle à propos d’une brillante députée, mon amie Jo Cox. Je pense à elle et prie pour sa famille.

Toute la famille travailliste, ainsi que le pays dans son ensemble, est en état de choc et de deuil après le meurtre abominable de Jo Cox aujourd’hui

A écrit le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn.

Toute sa vie, Jo Cox a mis en avant le service public et son engagement profond au service de l’humanité. […] Elle est morte en faisant son devoir, au cœur de notre démocratie, à l’écoute des gens au service desquels elle avait été élue.

A-t-il poursuivi.

Le président français François Hollande a fait part de sa « profonde émotion » après l’assassinat de la députée et le Premier Ministre, Manuel Valls, a jugé

qu’à travers elle, notre idéal démocratique a été visé.

Si la police n’a pas communiqué l’identité du tueur, ni ses motivations, un groupe de défense des droits civiques a annoncé que le meurtrier était un partisan néo-nazi.

Publié le vendredi 17 juin 2016 à 11:27, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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