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“Gilets jaunes”: la balle est dans le camp de Macron

Après l’acte II des “gilets jaunes” émaillé de violences, Emmanuel Macron est attendu mardi pour des annonces d’accompagnement de la transition écologique, face à un mouvement inédit contre les taxes qui faiblit dans la rue mais reste soutenu par une majorité de Français.

Dimanche matin, à son arrivée à Bruxelles pour le sommet sur le Brexit, le président de la République a pris la parole pour appeler à la “refondation de l’UE”, mais n’a pas dit un mot sur la mobilisation des “gilets jaunes”, ni sur les annonces qu’il doit faire mardi à l’occasion de la présentation de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

La veille, le chef de l’Etat avait dénoncé, dans un tweet, ceux qui ont “agressé” les forces de l’ordre et “violenté d’autres citoyens”, en écho à l’accent mis par le ministre de l’Intérieur sur les dérapages violents et la “mobilisation de l’ultradroite”. Ce qui a valu à Christophe Castaner une passe d’armes avec Marine Le Pen qu’il avait pointée du doigt.

Au total, 103 interpellations ont eu lieu, 106.301 “gilets jaunes” ont manifesté en France samedi, dont 8.000 à Paris, soit près de trois fois moins que lors de la première journée des “gilets jaunes” qui appellent déjà à un acte III le 1er décembre.

Mais c’est désormais sur le terrain des mesures économiques et sociales qu’est attendue mardi la réponse politique de l’exécutif à ce mouvement inédit.

Manifestation des

(credit photo AFP) Manifestation des “gilets jaunes” sur les Champs-Elysées samedi 24 novembre 2018

Peu de choses ont filtré sur la réponse d’Emmanuel Macron. Il va “donner le cap sur la transition écologique”, devant les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), composé d’élus, de syndicats, d’ONG et d’associations, dans l’objectif de la rendre “acceptable”, a expliqué l’Élysée à l’AFP.

Selon le JDD, citant l’Élysée, Emmanuel Macron annoncera la création d’un “Haut conseil pour le climat” composé d’experts. L’installation de cette structure placée sous l’autorité du Premier ministre est destinée “à susciter moins de crispations” sur la “politique énergétique et ses conséquences fiscales”, précise l’hebdomadaire.

“Boucler les fins de mois”

Réponse cinglante immédiate de l’opposition: “Les Français disent +Monsieur le Président, nous n’arrivons pas à boucler les fins de mois+, et le président leur répond +nous allons mettre en place un Haut conseil+. Vous imaginez la déconnexion”, s’est alarmée Laurence Saillet, porte-parole des Républicains.

(credit photo AFP) “Macron démission” peut-on lire sur ce gilet jaune, sur les Champs Elysées, le 24 novembre 2018

“Je vais regarder ce que va nous proposer le président de la République (mardi), s’il y a des formes de rétablissement d’une justice fiscale, on va voir. Si c’est des usines à gaz qui en vérité ne règlent rien, je pense que ça passera mal”, a averti le député LFI Alexis Corbière.

Ce Haut conseil “est évidemment nécessaire et c’est évidemment pas suffisant. Le président le sait lui-même”, a admis le ministre de l’Action et des comptes publics Gérald Darmanin sur LCI. Il a toutefois souligné la “contradiction” entre les demandes des “gilets jaunes” qui veulent moins d’impôts et plus de services publics.

“Manifestement, on a loupé quelque chose dans l’explication de la taxe carbone”, a-t-il reconnu.

Au même moment, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, défendait également “le cap fixé”, prônant un “dialogue” avec les Français.

Selon le JDD, la présidence devrait confirmer la hausse des taxes sur les carburants prévue le 1er janvier.

La voie est étroite pour le président de la République. La majorité attend avant tout une réponse de “méthode”, selon le député LREM de la Vienne Sacha Houlié.

Le député La France insoumise Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 25 juillet 2018

(credit photo AFP/Archives) Le député La France insoumise Alexis Corbière à l’Assemblée nationale, le 25 juillet 2018

Pour Alexis Corbière, “on a une manière démocratique de régler les choses, je le dis au président de la République à travers ce micro: revenir aux urnes, c’est pas injurieux, c’est le peuple qui doit décider”, a-t-il lancé.

“Il faut consulter, le peuple n’est pas d’accord avec sa politique”, a ajouté le porte-parole de LFI, en réclamant, comme d’autres, “un référendum par exemple”.

Publié le dimanche 25 novembre 2018 à 13:40, modifications dimanche 25 novembre 2018 à 13:40

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