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Gaspillage alimentaire : Les députés votent pour l’usage obligatoire des doggy bag dans les restaurants

L’amendement, déposé par deux députés LREM prévoit que les restaurateurs proposent à leurs clients des contenants pour rapporter les restes des repas dès 2021.

À l’instar des Etats-Unis ou de l’Asie, manger les restes de son repas du restaurant chez soi va devenir une nouvelle habitude qu’il faudra sans doute bientôt adopter. En effet, les députés de la commission du Développement durable ont adopté dimanche 26 mai un amendement visant à obliger les restaurateurs à proposer aux clients qui ne finiraient pas leur assiette d’emporter les restes dans un doggy bag. Une pratique qui existe déjà sur la base du volontariat mais qui peine à s’imposer.

Un outil pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Cet amendement a été déposé par deux députés La République en Marche, Bérangère Abba et Mathieu Orphelin.

Le but est de généraliser une pratique existante et de réduire par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025.

Ont défendu les députés de la commission du Développement durable. Il y a en effet fort à faire dans ce domaine. Selon Le Parisien, la nourriture jetée au restaurant pèse 14% du total du gaspillage alimentaire en France. En moyenne, les Français laissent de côté 157 grammes dans les bistrots et autres restaurants étoilés, cinq fois plus qu’à la maison.

Ainsi, Bérangère Abba, députée de la Haute-Marne, a défendu « le fruit d’un travail de construction » entre députés lors de l’examen du projet de loi agriculture et alimentation.

C’est génial, une telle avancée va faire date.

A salué dans l’hémicycle le député LREM du Maine-et-Loire Mathieu Orphelin, co-signataire de la mesure. Il s’est notamment félicité de la mise en place, « enfin », d’un « outil intéressant pour lutter contre le gaspillage alimentaire ».

Cette mesure à laquelle ne s’est pas opposé le gouvernement, si elle va au bout du parcours législatif, instaurera l’obligation pour les restaurateurs de proposer ces contenants qu’au 1er juillet 2021. Toutefois, plusieurs députés Les Républicains ont émis des réserves sur « un effet de mode ».

Ça entraîne des contraintes et un coût.

A estimé l’élu du Cantal, Vincent Descoeurs.

Les contenants ne coûtent que quelques centimes.

A rétorqué Bérangère Abba. Toutefois, le député de l’opposition s’est également inquiété du matériau des contenants et de leurs conséquences sur l’environnement.

Je pense que c’est une fausse bonne idée, mais après tout on peut l’essayer.

A lâché le député UDI-Agir-Indépendants Thierry Benoit.

Déjà très utilisé à l’étranger

Le doggy bag est une pratique courante à l’étranger. Pratique et économique, le doggy bag est ancré dans les mœurs aux États-Unis et en Asie depuis de nombreuses années. En France, il peine toutefois à se faire une place sur la table.

Pourtant, en 2016, la loi sur le gaspillage alimentaire avait incité les restaurants à réviser leur politique de tri sélectif et à limiter les restes jetés à la poubelle. Elle mentionnait notamment le doggy bag mais sans obligation. Simplement sous la forme d’un conseil. Sur la simple base du volontariat, la pratique a eu beaucoup de mal à se généraliser, pour plusieurs raisons. En effet, au « pays de la gastronomie », demander ses restes dans « un sac à toutou » reste difficile à accepter. L’autre raison est économique. Les restaurateurs peuvent certes facturer le prix de la boîte aux clients. Or, si le surcoût est minime, certains ne sont pas moins réticents.

Quoi qu’il en soit, avant que le doggy bag ne devienne une réalité pour tous les Français, le chemin est encore long. En effet, l’amendement de la commission du Développement durable doit encore être validé par la commission économique de l’Assemblée nationale. Il devra ensuite être adopté par l’ensemble des députés pour être inscrit dans la loi.

Publié le mardi 29 mai 2018 à 11:51, modifications mardi 29 mai 2018 à 10:33

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