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France : Une auto-école réservée aux femmes fait polémique

Une auto-école spécialement réservée aux femmes…. ce qui devait être au départ une simple pub s’est vite transformé en buzz. Dans un contexte encore marqué par la polémique sur le burkini, ce sujet vient éterniser le débat.

Comme l’a rapporté le journal Le Progrès jeudi 18 août 2016, l’annonce de l’ouverture d’une auto-école (située à Villefranche-sur-Saône, Rhône) a fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Et pour cause, c’est l’une des rares à proposer une salle exclusivement réservée aux femmes. A l’origine de la polémique, un simple dépliant publié au début du mois d’août sur la page Facebook Musulmans de Villefranche-sur-Saône.

Nouvelle Auto-école à Villefranche sur Saône.

Rien de banal sauf que le message qui l’accompagne choque et a beaucoup été commenté sur les réseaux sociaux. Il préciseen effet qu’une salle de code sera réservée aux femmes. De quoi faire bondir certains élus de la ville dont certains élus FN qui ont dénoncé une auto-école communautariste.

La gérante de l’auto-école, Sarah Bakar, s’est défendue de tout prosélytisme religieux et estime avoir simplement répondu à une demande commerciale.

Vu la demande que j’avais, qui était assez impressionnante de filles qui voulaient être toutes seules notamment parce que les garçons sont chahuteurs, font beaucoup de bruit.

et a ajouté que

les leçons de conduite seront effectuées par moi pour les femmes, et par un homme pour les hommes.

Cette initiative a obligé le maire LR de la ville, Bernard Perrut, a s’exprimer sur le sujet à BFM TV :

Je demande aux représentants de l’État que cette auto-école fonctionne dans les règles de la République, c’est-à-dire qu’elle permette l’accueil des hommes et des femmes comme dans toute auto-école.

et d’ajouter dans un communiqué

J’affirme mon attachement et celui des élus de Villefranche aux valeurs de la République, à l’égalité homme-femme, et notre opposition à toutes les formes de communautarisme.

Au Figaro, Sarah Bakar ne comprend pas cet acharnement

Je voulais faire de la publicité grâce à mes prix attractifs, mais je me retrouve au cœur d’un faux procès. Je ne comprends pas.

Le député-maire LR de Villefranche, Bernard Perrut a confié à Europe 1 avoir a été assailli de tweets  :

Comme l’auto-école s’appelle auto-école de la mairie, il y a eu une assimilation et j’ai eu des centaines de tweets qui m’ont attaqué.

Comme l’explique nos confrères d’Europe 1, la réglementation des auto-écoles est défini par un arrêté du 8 janvier 2001 :

Pour qu’un agrément préfectoral soit délivré, il faut simplement que l’établissement ait deux salles, une salle d’accueil et une salle d’enseignement. Pour que l’agrément soit suspendu, il faut qu’il y ait une condamnation pour non-respect du code de la route ou pour non-respect du programme de formation”. En conséquence, le juriste voit mal “comment on pourrait interdire l’exploitation d’une auto-école sur cette base. En droit, le délit de communautarisme n’existe pas”. Il rappelle également que le principe de laïcité ne s’applique pas à une entreprise privée.

Légal ou pas ? Qu’en pensez vous ? Alors que le burkini continue de faire des vagues, voici un autre sujet épineux qui risque de faire couler beaucoup d’encre.

Publié le dimanche 21 août 2016 à 11:18, modifications dimanche 21 août 2016 à 11:46

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