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Fermeture de Fessenheim : la suite au prochain président de la République

Après le vote du conseil d’Administration d’EDF, la direction de la centrale nucléaire de Fessenheim s’est vu offrir la possibilité de reporter la fermeture du site après l’élection présidentielle.

Promise pour 2016 par François Hollande et sans cesse repoussée depuis, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (dans le Haut-Rhin) aura fait l’objet d’un bras de fer jusqu’au bout du quinquennat.

En effet, l’arrêt définitif de la doyenne des centrales françaises avait été annoncé dès janvier 2012 par François Hollande.

Le futur président en avait fait l’une de ses promesses phares de campagne. Il avait pour objectif une réduction significative de la part du nucléaire d’ici à 2025.

Si la loi de transition énergétique a bien été votée en juillet 2015, réduisant comme promis la part du nucléaire dans le mix énergétique français au bénéfice des énergies renouvelables, en revanche rien n’a été prévu pour la fermeture de Fessenheim.

Or, le jeudi 6 mars le conseil d’administration d’EDF a voté la fermeture « irréversible et inéluctable » de la centrale nucléaire.

Cependant, il a laissé à l’entreprise la possibilité de repousser la décision à une date ultérieure.

En effet, pour que la fermeture de la centrale soit effective, EDF doit en effet faire une demande officielle d’abrogation d’exploitation auprès de l’Etat.

Justement, le gouvernement actuel souhaiterait que cette demande soit immédiate, afin de pouvoir signer le décret avant la fin du quinquennat de François Hollande.

Une fermeture sous conditions

Dans un ultime rebondissement, le conseil d’administration d’EDF vient de donner à l’électricien la possibilité de faire cette demande jusqu’à « six mois précédant la mise en service de l’EPR de Flamanville ». Celle-ci étant prévue pour décembre 2018.

Ainsi, le prochain épisode de la saga de Fessenheim s’écrira donc sous le mandat du successeur de François Hollande à l’Elysée.

Le gouvernement avait accordé près de 500 millions d’euros de dédommagement à EDF, pour accompagner la fermeture. Mais une étude commandée par l’électricien au cabinet Secafi a chiffré la perte de recettes entre 1,6 milliard et 6 milliards d’euros (selon l’évolution du prix de l’électricité) d’ici 2040. Le Parlement l’a évaluée, lui, à 4,7 milliards d’euros.

Ainsi, sans demander de nouveaux fonds, EDF aurait tout de même demandé de nouvelles conditions avant de fermer définitivement la centrale.

Or, selon une information du Figaro, EDF réclame désormais des garanties. Notamment, celle que la centrale alsacienne ne ferme pas si la capacité de production nucléaire française tombe en dessous du plafond prévu par la loi.

Notamment, dans le cas d’une indisponibilité prolongée d’un autre réacteur ailleurs en France.

En clair, si en 2019, ce plafond n’est pas atteint, EDF pourra alors s’opposer à la fermeture de Fessenheim.

Une fermeture conditionnée au nouveau locataire de l’Elysée

De plus, selon la future majorité élue après mai 2017, tout peut encore changer.

En effet, parmi les candidats à la présidentielle, deux camps se distinguent clairement.

Voulant « garder la trajectoire actuelle de la transition énergétique », Emmanuel Macron s’est dit favorable à une fermeture. Et ce dans les délais fixés par le gouvernement. Tout comme Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon.

S’ils sont élus, ils devront de nouveau négocier avec EDF, et décider s’ils valident leurs nouvelles conditions.

En revanche, François Fillon et Marine Le Pen sont favorables à la poursuite de son exploitation.

Si ce sont eux qui arrivent au pouvoir, ils peuvent aller jusqu’à décider d’abroger la loi de transaction énergétique.

Publié le vendredi 7 avril 2017 à 12:29, modifications mardi 11 avril 2017 à 11:04

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