Faits divers

Tour Eiffel : Sécurité renforcée après l’action de Greenpeace

Greenpeace a mené une action coup de poing ce vendredi 5 mai en déroulant une immense banderole sur la Tour Eiffel, afin de s’opposer au Front National.

Les faits se sont déroulés le vendredi 5 mai à l’aube, en plein cœur de Paris. Douze militants de Greenpeace ont décidé de déployer une immense banderole sur la Tour Eiffel, pour faire barrage au Front National et dénoncer le parti politique. Une action coup de poing qui a fait un énorme buzz.

Mais c’est également une action grave, qui révèle quelques dysfonctionnement dans le dispositif de sécurité parisien. Les autorités ont donc réagi très rapidement, mettant fin à l’événement qui a pourtant amusé beaucoup de Parisiens ce vendredi matin.

Un dysfonctionnement inquiétant

En ce moment, Paris est à l’affût. Il faut dire que l’attentat des Champs Elysées n’a pas rassuré grand monde, et du coup, la capitale française est actuellement placée en état d’urgence. Alors comment est-il possible que le site touristique le plus emblématique de Paris ait pu être pris pour cible par les militants de Greenpeace sans que personne ne s’en rende compte ?

Car il ne s’agit pas d’une opération de petite ampleur. En effet, il fallait une sacrée organisation et un culot incroyable pour tenter cette action coup de poing. Les militants, certains étant vêtus d’une tenue d’escalade, sont grimpés sur la Dame de Fer pour déployer leur banderole.

Une banderole au message clair

La banderole déployée par les militants de Greenpeace a pour objectif de mettre en garde les Parisiens contre le projet de Marine Le Pen. Selon l’association, son programme politique est très risqué, et les Français doivent en prendre conscience.

La banderole affichait donc en énormes lettres un Egalité Liberté Fraternité. Elle portait également le nom de l’organisation environnementale et la mention #resist, en lettres noires. Elle était suspendue entre deux piliers de la tour, sous le premier étage. De façon très visible donc !

Mais alors comment ont-ils fait pour déployer cette banderole aussi rapidement sans que personne ne s’en aperçoive ? Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace, s’est expliqué lors d’une interview pour le Parisien.

Un savoir-faire reconnu dans ce type d’action

Greenpeace n’en est pas à son coup d’essai, et maîtrise parfaitement les opérations de grande ampleur comme celle-ci. Vers 5h30 du matin, le vendredi 5 mai, les douze militants sont arrivés sur place. Six d’entre eux sont restés au sol pour surveiller les alentours du monument. Les six autres ont escaladé le pilier nord de la structure métallique.

90 minutes plus tard (et oui, c’était quand même très long, ce qui nous amène à nous interroger sur l’efficacité de la sécurité sur place…), la banderole de 300 mètres carrés était prête. Ils l’ont déroulée, et sont redescendus.

Pourquoi s’engager contre le Front National ?

Jean-François Julliard s’est exprimé clairement contre le Front National, expliquant pourquoi les militants avaient mené cette action :

Nous avons vraiment peur de l’arrivée potentielle du Front national au pouvoir, pour les valeurs inscrites sur la banderole. Même pour nos combats, environnementaux, nous avons besoin qu’elles soient respectées.

Greenpeace estime que Marine le Pen ne s’engage pas sur les questions environnementales. Pour autant, l’association ne soutient pas vraiment le projet d’Emmanuel Macron, rappelant que selon eux, le candidat d’En Marche ! ne va pas assez loin sur la transition énergétique ou sur l’agriculture. Des questions essentielles pour ceux qui sont actifs au sein de Greenpeace.

Et la sécurité ?

La Société d’exploitation du site, en charge de veiller à la sécurité de la Tour Eiffel, a également été contactée. Le représentant de la société affirme que les six militants restés au sol ont été immédiatement repérés par les caméras de vidéosurveillance. Les agents de sécurité se sont très rapidement rendus sur place pour stopper l’action menée par Greenpeace.

Mais les militants restés au sol étaient en réalité chargés d’occuper les agents de sécurité. Et ils ont bien fait leur boulot ! La société en charge de la sécurité de la Tour Eiffel affirme que les agents ont rapidement fait la différence entre une action menée par Greenpeace et une possible attaque terroriste. Et donc, ils les ont plus ou moins laissé faire !

L’état d’urgence n’a donc finalement pas changé grand-chose, même si la société en charge de la sécurité affirme qu’en cas d’attaque terroriste, les agents de sécurité auraient réagi bien plus rapidement. On ne demande qu’à les croire ! Nombreux sont ceux à tirer la sonnette d’alarme, comme Eric Ciotti par exemple qui a exprimé son inquiétude sur son compte Twitter.

La ville de Paris a rapidement fait paraître un communiqué, expliquant qu’il fallait identifier les failles de sécurité, et tirer les enseignements de cet incident. Les conséquences ont été rapidement tirées puisque la société d’exploitation de la Tour Eiffel a décidé de renforcer les patrouilles aux abords du site touristique le plus fréquenté de la capitale. On retrouvera davantage d’équipes de sécurité, au sol et dans les étages.

Du côté de Greenpeace, les militants ont été interpellés et interrogés par la Préfecture de Police.

Une action joliment menée, qui a fait beaucoup parler d’elle. Et finalement, c’était le but non ?

Publié le samedi 6 mai 2017 à 10:09, modifications samedi 6 mai 2017 à 10:35

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