Faits divers

Rencontres sur Audiogay : un homosexuel marseillais victime d’une tentative d’extorsion de fonds avec violences

En pensant inviter un amant d’un soir chez lui, il s’est retrouvé pris au piège dans son propre appartement entre 4h et 5h du matin, face à un homme qui l’a violenté en cherchant à lui extorquer de l’argent.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Éric C., résident du 4e arrondissement marseillais, se connecte sur Audiogay. La plateforme téléphonique permet de mettre en relation des hommes gays. Les membres peuvent y dialoguer par messages vocaux, sans qu’Audiogay ne révèle leur numéro privé. Ce choix revient aux personnes connectées, si elles décident de le donner à leur interlocuteur, afin de le rencontrer.

Aussi, Éric, fraîchement 40 ans, actuellement célibataire et en congés professionnels, discute avec un homme qui lui dit avoir 28 ans. Assez vite, ce dernier consent à le voir, sans toutefois fournir de photo de lui. Tous deux conviennent que la rencontre aura lieu au domicile d’Éric, situé non loin du palais Longchamp. Mais l’utilisateur d’Audiogay n’est pas celui qu’il prétend être.

“Je vais te tuer ! “

Quartier des Cinq avenues, lieu de l’agression / Crédits © Tramway Montpellier

Ainsi, contrairement à ce qu’il avait annoncé sur Audiogay, l’homme approche plus la mi-trentaine que la fin de vingtaine. Ensuite, alors que le site interdit les rencontres tarifées et que la victime n’en fait de toute façon pas, le trentenaire, après quelques caresses échangées au salon, souhaite recevoir une somme d’argent. Face à l’incompréhension de cette exigence et donc au refus d’Éric de lui donner des sous, l’homme devient violent.

De fait, le quadragénaire demande à son hôte de partir, se tournant un bref moment en se dirigeant vers la porte d’entrée. L’agresseur profite de cet instant où Éric est de dos. Imposant avec ses 1m90, il l’attaque par derrière et le plaque contre un mur. Le criminel dépasse d’une bonne tête la victime, qu’il essaie d’étrangler, en criant ” je vais te tuer, je vais te tuer !“.

Choqué, mais sain et sauf…

Hier après-midi, Éric nous a fourni une capture d’écran de son téléphone.
En discutant sur Audiogay, les deux hommes échangent leurs numéros sur la plateforme, puis se les confirment par SMS. Éric donne alors son adresse (en noir).
Après l’avoir agressé, l’assaillant lui demande d’effacer son numéro dans un français approximatif.

Pourtant Éric parvient tant bien que mal à se défendre, puis à se libérer de cette emprise. Toutefois, l’agresseur n’en reste pas là, puisqu’il empêche désormais la victime d’atteindre plusieurs fois sa porte d’entrée. À chaque tentative, ils en viennent aux mains, se battant ainsi à de nombreux endroits de l’appartement. En effet, pour accéder à la sortie depuis le salon, il faut passer par un couloir en L qui donne sur plusieurs pièces.

Mais Éric réussit à s’en sortir en faisant croire à l’intrus qu’il allait finalement lui donner de l’argent. Chose qu’il ne fait pas. Car une fois arrivé au seuil, ayant ouvert l’appartement, il demande une nouvelle fois à l’assaillant de quitter son domicile. Enervé et menaçant, ce dernier s’en va, non sans avoir fouillé les tiroirs d’un meuble dans le vestibule et volé du menu fretin.

Éric tente désormais d’aller de l’avant

Messages envoyés par Éric à un de ses proches, juste après l’agression / Crédits © Capture d’écran Facebook

Hier, c’est une victime choquée et encore très inquiète qui nous a contactés. Après avoir reçu un certificat médical de son médecin traitant dans la matinée, Éric a porté plainte pour “tentative d’extorsion de fonds avec violences, ayant entrainé une incapacité de travail inférieure à 8 jours“. Au commissariat des Chartreux où il s’est rendu, l’agent ayant enregistré son dossier ne le rassure pas. Bien qu’Éric dispose du numéro de téléphone de son agresseur, le commissariat ne traitera pas son cas avant 2 à 3 mois mininum. Les forces de police se disent débordées.

Aujourd’hui, Éric espère pouvoir entrer en contact avec une association LGBT marseillaise capable d’être à son écoute. En attendant, pour se sentir mieux, il accueillera quelques jours, des proches chez lui. Suite à cette mésaventure qui a frôlé le drame, il hésite sur les mesures à prendre. D’une part, il est de nature non violente et évite le conflit autant que faire se peut. De l’autre, pragmatique, il aimerait se procurer une bombe lacrymogène et commencer des cours de self-défense pour mieux se protéger à l’avenir.

Audiogay volontaire, mais pas responsable

De son côté, Audiogay, que nous avons sollicité hier pour commentaire, nous a répondu ce matin. Le service de rencontres gay condamne fermement cette agression. De plus, l’entreprise confirme que “les propositions sexuelles tarifées sont strictement interdites” par ses conditions générales d’utilisation (CGU).

Les annonces qui proposent une offre de prostitution entrainent un bannissement immédiat, sans préavis et sans aucun recours ultérieur possible. D’une façon générale, une annonce ne doit en aucun cas sous-entendre une offre sexuelle tarifée, par quelque manière que cela soit. En plus d’entrainer un bannissement des lignes audiogay.com, nous nous réservons le droit de porter plainte contre les auteurs d’annonces de ce type, conformément à nos CGU. De même, les propositions d’aide financière, matérielle ou cadeau contre des avantages sexuels sont interdits. L’incitation à la prostitution est punie par la loi et nous transmettons aux autorités les informations permettant d’identifier l’Utilisateur lorsque nous recevons une réquisition judiciaire.

En outre, selon ces mêmes mentions, Audiogay ne peut être tenue responsable de la sécurité, lors de rencontres réelles, de ses utilisateurs. Elle se dit par ailleurs disposée à fournir toutes les données en sa possession pour faciliter le travail de la police.

N.B : les noms et prénoms ont été changés.

Publié le jeudi 23 août 2018 à 17:49, modifications jeudi 23 août 2018 à 16:00

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !