Faits divers

Mort de Naomi Musenga : Les parents de la jeune femme ont “l’impression de se faire balader”

Les parents de Naomi Musenga, décédée le 29 décembre dernier après avoir été moquée par une opératrice des secours, ont exprimé leurs incompréhension suite à un rendez-vous décevant avec le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS)

Le 29 décembre dernier, Naomi Musenga décédait à Starsbourg, après avoir été raillée par une opératrice du Samu. L’enregistrement de l’appel, rendu public par les parents de la jeune femme, avait alors provoqué de vives réactions notamment dans la sphère politique. Depuis, Honorine et Mukole Musenga avaient saisi le procureur de la République de Strasbourg. Or, les parents Naomi, morte d’une “défaillance multiviscérale sur choc hémorragique”, assurent ne toujours pas connaître les causes réelles du décès de leur fille.

Naomi Musenga

“Je suis toujours à la recherche de ce qui a tué ma fille”

Selon nos confrères de BFM TV, Honorine et Mukole Musenga sont sortis déçus d’un rendez-vous avec Christophe Gautier, le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Ce mercredi 23 mai, ils ont regretté n’avoir toujours aucune réponse, malgré les deux heures d’entretien.

Je suis toujours à la recherche de ce qui a tué ma fille

a déclaré Honorine Musenga, la mère de la jeune femme.

En entrant, on espérait qu’il y aurait des réponses, mais il n’y a pas grand chose. (…) Nous en sommes encore une fois à ces mêmes questionnements et à cette éternelle attente

ajoute-t-elle alors que l’entretien, prévu depuis début mai, devait faire le point sur l’enquête administrative ouverte par l’hôpital.

Mukole Musenga, le père de Naomi, a également avoué ses regrets.

L’impression de se faire balader ne fait que continuer

Pour l’un des avocats de la famille Musenga, maître Mohamed Aachour, “c’est le rendez-vous de la frustration”. De fait, suite à la médiatisation l’affaire, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait été saisie par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Or, l’Igas, qui “a pris le relais sur l’enquête”, a seulement indiqué “ne donner aucune information sur ses missions en cours”.

L’enquête interne menée par l’hôpital cède la main à celle de l’Igas (…) et de ce fait, ils (la direction de l’hôpital, ndlr) ne sont pas autorisés par la procédure à donner des informations aux parents

Explique maître Mohamed Aachour

Une situation “incompréhensible”

Selon nos confrères, le parquet de Strasbourg a également ouvert une enquête préliminaire confiée à la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) Grand Est.

Toutefois, l’information judiciaire n’est pas ouverte. Par conséquent, les parents de Naomi Musenga ne peuvent pas avoir accès aux éléments de l’enquête. Une situation “incompréhensible” pour Maître Aachour.

Cela va faire six mois que leur fille est décédée et six mois qu’ils ont toujours les mêmes questions

a-t-il regretté.

L’opératrice du Samu du Bas-Rhin, qui n’avait pas prise au sérieux Naomi Musenga est toujours suspendue “à titre conservatoire”. Des opératrices ainsi que les HUS ont porté plainte contre X après avoir été menacés par téléphone et sur les réseaux sociaux.

Publié le jeudi 24 mai 2018 à 13:22, modifications jeudi 24 mai 2018 à 13:24

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