Faits divers

Meurtre des militantes kurdes à Paris : L’assassin présumé Omer Güney meurt avant son procès

Omer Güney, l’assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris en janvier 2013, est mort samedi matin. Ces informations, qui émanent de l’ “AFP” et qui ont été obtenues auprès de sources judiciaires, ont jeté un froid pour la communauté kurde qui espérait obtenir des réponses sur la disparition tragique de militantes kurdes en 2013. Omer Güney est décédé dans un établissement hospitalier de la capitale. Cette disparition intervient alors que son procès devait s’ouvrir devant la cour d’assises pour ces meurtres présumés.

Omer Güney est mort ce samedi 17 décembre dans un hôpital parisien d’après des informations de l’AFP. Il était atteint d’une grave maladie au cerveau. Ce citoyen de nationalité Turque était le seul suspect renvoyé devant la cour d’assises spéciale de Paris pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

Sa mort a provoqué de terribles conséquences pour le procès concernant la mort des trois militantes kurdes, dont les faits remontent en 2013. L’action publique à l’encontre d’Omer Güney est donc éteinte. Le procès qui devait se dérouler du 23 janvier au 24 février 2017 n’aura donc pas lieu.

Les mystères du triple assassinat des militantes Kurdes

Des zones d’ombre continueront donc d’entourer cette affaire de triple meurtre. Trois activistes kurdes avaient été abattues dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK) dans le Xème arrondissement de Paris. Les trois militantes avaient été tuées d’une balle dans la tête. Les faits s’étaient déroulés le 9 janvier 2013. Parmi l’une des victimes figurait Sakine Cansiz. Cette femme était l’une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les avocats des parties civiles ont tenu à réagir à l’annonce de la mort de l’auteur présumé de la fusillade. Dans un communiqué, les avocats ont tenu à témoigner de la :

colère des familles des victimes, privées d’un procès public qu’elles attendaient depuis près de quatre années, familles, qui elles, espéraient en la justice française.

Ils ont tenu à exprimer leur :

consternation de voir qu’une fois de plus, la France n’est toujours pas capable de juger un crime politique commis sur le territoire français par des services secrets étrangers.

L’empreinte d’Ankara derrière cet assassinat ?

D’après des informations de l’agence Belga recueillies auprès d’une source proche du dossier, l’enquête française avait permis de conclure à l’implication de membres des services secrets turcs. Le MIT aurait pu être impliqué dans ce triple assassinat. Les investigations n’avaient pas permis d’obtenir avec certitude le niveau d’implication et les intentions réelles des agents.

Selon la même source proche du dossier, impossible de savoir si ces agents avaient agi :

avec l’aval de leur hiérarchie [ou] à l’insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix.

Les autorités turques et le PKK avaient en effet entamé à l’époque des négociations et un rapprochement.

Omer Güney et son ultime secret

Omer Güney a de son côté toujours nié les faits. De nombreux éléments troublants accréditaient pourtant la thèse de son implication : il est apparu sur les enregistrements de caméras de vidéosurveillance. Sur les images, il aurait été aperçu pénétrant dans l’immeuble du CIK peu avant la fusillade. L’ADN d’une des victimes a été retrouvée sur son manteau. Des traces de poudre auraient également été récoltées sur la sacoche d’Omer Güney lors de l’enquête.

Le profil d’Omer Güney est fascinant et complexe à l’image de cette tragique affaire. L’accusé et le principal suspect, dans ce triple assassinat et qui vient malheureusement de décéder, était un ancien agent d’entretien à l’aéroport parisien de Roissy. A la fin de l’année 2011, il s’était impliqué et engagé auprès d’associations kurdes. Omer Güney aurait en réalité infiltré ces groupes.

D’après les informations communiquées par la même source proche du dossier et relayées par l’agence Belga et l’AFP, Omer Güney aurait participé à ces activités auprès de groupes issus de la mouvance pro-kurde :

dans un but de surveillance et d’espionnage.

L’objectif était clair et glaçant :

éliminer des cadres du PKK.

La crise diplomatique et les accusations étaient suffisamment graves pour que les services secrets turcs sortent de leur réserve. Ils ont officiellement démenti leur implication dans les meurtres des femmes kurdes lors d’une déclaration en janvier 2014.

Les militants kurdes voient donc l’espoir d’un procès s’échapper. La mort et la disparition d’Omer Güney, le principal suspect dans le triple assassinat, met un terme à la procédure. De très nombreuses questions restent donc sans réponse.

Publié le dimanche 18 décembre 2016 à 17:52, modifications dimanche 18 décembre 2016 à 17:24

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