Faits divers

Meurtre de Mireille Knoll : La piste antisémite remise en cause par un suspect

Mireille Knoll, octogénaire de confession juive, a été poignardée à mort dans son appartement parisien en mars 2018. Selon “Le Parisien”, lors de sa dernière audition le 13 avril 2018, l’un des coaccusé serait revenu sur le mobile antisémite, privilégiant celui de la vengeance.

  • Paris, Mars 2018, Mireille Knoll, 85 ans, a été poignardée dans son appartement.
  • Deux hommes, Alex C. et Yacine M. s’accusent mutuellement du meurtre.
  • Alex C. soutenait que son complice avait agi par antisémitisme. Il a démenti une partie de ses propos.

 

Revirement à 180 degrés

Rebondissement inattendu dans l’affaire Mireille Knoll, dont le caractère antisémite retenu par le parquet avait ému la France, jusque dans ses plus hautes sphères. Emmanuel Macron y avait vu le signe d’un “obscurantisme barbare”, son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait dénoncé les “stéréotypes” à l’origine du crime.

Alex C., cambrioleur récidiviste, et Yacine M., 28 ans, voisin de Mireille Knoll, ont été mis en examen pour “homicide à raison de l’appartenance religieuse de la victime”. Les jeunes délinquants sont soupçonnés d’avoir participé au meurtre de la retraitée juive de 85 ans, tuée au couteau et brûlée dans son appartement du 11e arrondissement de Paris en mars dernier. En l’absence de témoins, c’est principalement sur des propos tenus par Alex C. que le parquet s’était fondé pour retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Interrogé par un juge d’instruction le 13 avril, Alex C, est revenu sur ses premières déclarations recueillies lors de sa garde à vue, selon Le Parisien, qui a pu consulter le compte rendu.

Lors de sa première audition, il avait déclaré que son complice Yacine M., qu’il accuse d’avoir porté les coups mortels, aurait reproché à la vieille dame « les moyens financiers et la bonne situation des juifs ».

Cependant, le 13 avril, il est revenu sur ses propos :

Ils ont juste parlé de la guerre de 39-45 avec l’extermination des juifs et de la libération d’Algérie.

Il s’est justifié :

J’ai cru entendre parler de certaines conversations, qu’en fait, je n’ai pas entendues. J’étais sous le choc.

La vengeance, nouveau motif ?

Il évoque désormais l’hypothèse d’une possible rancoeur. Le suspect a été condamné pour des faits d’agression sexuelle sur la fille mineure de l’aide à domicile de Mireille Knoll. Selon Alex C., il reprochait à l’octogénaire de n’avoir pas pu assister à l’enterrement de sa sœur décédée lors de sa détention. Le coaccusé affirme avoir vu Yacine M. entrer dans une rage folle et traîner l’octogénaire dans sa chambre puis la poignarder.

Alex C. aurait entendu la dernière conversation entre Mireille Knoll et Yacine M.

Il lui disait : “Tu vas me le payer, j’ai pas été à l’enterrement de ma soeur. Tu m’as balancé.” (…) Madame Knoll disait : “laisse-moi tranquille, je n’ai rien à voir par rapport à la mort de ta soeur.

Il ajoute :

Il lui a mis plusieurs coups de couteau. Le dernier, c’était dans la carotide. Il l’a étranglée et il m’a dit : Regarde, elle n’est plus en vie, elle a payé pour ce qu’elle a fait.

Une nouvelle expertise atteste de blessures au cou.”Le décès est consécutif à de multiples plaies par arme blanche, dont une cardiaque (au niveau du cœur)”, écrit le médecin légiste.

Alex C. confirme que Yacine M a bien dit, sans crier, “Allah akbar”, mais que selon lui, il n’y avait aucun caractère antisémite. Selon son avocat, cité par le Parisien, “la justice est allée trop vite sur le mobile antisémite”. “Mon client ne connaissait pas Mireille Knoll alors que Yacine M. entretenait un contentieux avec elle”, observe-t-il

Un revirement auquel l’avocat de la famille de Mireille Knoll, Me Gilles-William Goldnadel, n’apporte aucun crédit. “En général, on apporte plus d’importance aux déclarations spontanées qu’au revirement de situation qui peuvent être induit pas plusieurs facteurs”, assène l’avocat.

Un crime peut être à la fois antisémite et crapuleux.

poursuit-il.

Le fils de la victime, Daniel Knoll, a également réagi. Il a déclaré à Europe 1 :

J’ai une certaine indifférence quand de la racaille change sa version. Ces gens-là, je n’ai aucune confiance en ce qu’ils peuvent dire vu ce qu’ils ont fait.

Mardi 22 mai, c’était au tour de Yacine M. de livrer sa version des faits. En garde à vue, ce dernier avait indiqué qu’il savait que l’octogénaire était de confession juive mais il avait contesté le mobile antisémite. Depuis leur interpellation, les deux hommes se rejettent la responsabilité du crime. Selon Le Parisien, Alex C. a demandé, dans une lettre au juge d’instruction datée du 18 avril, une confrontation avec Yacine M.

Publié le mercredi 23 mai 2018 à 10:41, modifications mercredi 23 mai 2018 à 16:09

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