Faits divers

La jeune femme agressée en pleine rue par son harceleur témoigne : “J’ai porté plainte”

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La vidéo de Marie, une étudiante de 22 ans agressée en pleine rue mardi 24 juillet aux abords d’un bistrot a fait le tour de Toile. La jeune femme a livré son témoignage, et elle ne regrette pas d’avoir fait face à son agresseur.

La vidéo a déjà fait le tour du web. Sur les images d’une caméra de vidéo-surveillance d’un bistrot parisien situé sur le boulevard de la Villette, dans le 19e arrondissement, une jeune femme brune se fait agresser devant les clients par un inconnu. La scène a lieu en plein jour, à côté des consommateurs assis en terrasse, qui réagissent à la violence de l’altercation. Un jeune homme se lève pour suivre l’agresseur qui repart d’un pas vif.

Une agression en plein jour, devant témoins

Si la séquence diffusée depuis mercredi 25 juillet ne dure qu’une minute, elle a déjà été visionnée plus de 800 000 fois et témoigne de ce que vivent les victimes de harcèlement de rue et d’agressions. Revenant sur ses pas, la jeune femme s’est vue remettre la vidéo de son agression par le patron du bistrot et proposer de l’aide, notamment de la part des présents pour livrer leur témoignage à la police.

L’identité de la victime est désormais connue, il s’agit de Marie Laguerre, une étudiante de 22 ans habitant Paris. La jeune femme a relayé la vidéo sur son compte Facebook, en détaillant ce qui lui est arrivé  :

Hier soir, alors que je rentrais chez moi […], j’ai croisé un homme. Il s’est permis de m’adresser des bruits/commentaires/sifflements/coup de langue sales, de manière humiliante et provocante à mon passage. Pas de chance, c’était pas le premier de la journée et j’étais fatiguée. J’ai donc lâché un “ta gueule” en traçant ma route. Car je ne tolère pas ce genre de comportement. Je ne peux pas me taire et nous ne devons plus nous taire. Ça n’a pas plu à cet homme. Après m’avoir jeté un cendrier dessus, il est revenu sur ses pas et m’a suivi dans la rue. Il m’a frappé au visage, en pleine rue, en pleine journée, devant des dizaines de témoins. J’ai porté plainte.

Raconte-elle, n’hésitant pas en conclusion à faire le lien entre son agression et le harcèlement quotidien dont les femmes sont victimes.

Ces hommes qui se croient tout permis dans la rue, qui se permettent de nous humilier et qui ne supportent pas qu’on s’en offusque, c’est inadmissible. Il est temps que ce genre de comportement CESSE.

Clame t-elle tandis que les messages de soutien abondent un peu plus chaque minute.

Sa décision de résister au harcèlement de rue

Le message de la jeune femme n’est pas passé inaperçu. Contactée par le site Konbini et BFMTV, cette dernière a accepté de répondre à leurs questions. Elle livre un récit poignant, évoquant les « bruits à connotation sexuelle, sortir sa langue, des bruits humiliants et dégradants. » de son agresseur. Puis elle en vient à sa confrontation avec l’homme, « Je pensais qu’il ne l’entendrait pas, sauf qu’il a entendu… » déplore t-elle en parlant de sa réaction excédée.

Marie raconte ensuite comment l’inconnu est brusquement revenu sur ses pas et lui a lancé un cendrier posé sur une table de bar, puis s’est « jeté » sur elle pour la frapper au visage. Quant à sa décision de ne pas fuir en voyant l’homme arriver, elle explique :

C’est allé assez vite, il a commencé à foncer vers moi et là je savais qu’il allait me frapper. Je n’avais pas beaucoup d’options. Je n’allais pas partir en courant, je n’allais pas m’excuser, je n’allais pas baisser les yeux.

Affirme l’étudiante, qui dit ne pas regretter son geste.

Quand je suis dans la rue je ne suis pas à l’aise, et je ne suis pas la seule. Si une vidéo comme ça fait réagir, et bien tant mieux. Les choses doivent changer, elles doivent changer maintenant. Les mentalités doivent changer. Ce n’est pas dans un quartier, c’est dans tous les quartiers.

Comme le confirment les commentaires, le cas de Marie n’est pas isolé. De nombreux internautes ont tenu à faire part de leurs impressions sur l’agression de la jeune femme.

Je me suis pris une claque il y a 15 jours pour les mêmes raisons, au retour du sport le soir tranquille, parce que je n’ai pas apprécié d’être traitée comme un bout de viande par un homme visiblement habitué à ce que les femmes ne soient que des reproductrices sans cerveau !

Témoigne une femme.

Des faits rarement constatés

Marie a fait part au Parisien de la « chance » qu’elle a eu de pouvoir récupérer la vidéo de son agression, quant les nombreuses victimes de harcèlement de rue ne peuvent prouver facilement qu’elles ont été agressées de manière soudaine et aléatoire. En janvier 2018, le quotidien consacrait un article à la future loi encadrant le phénomène dont sont victimes la plupart des femmes, désigné sous le délit d’ “outrage sexiste“. Le problème que pose le texte est que pour être reconnus en tant que fait de harcèlement de rue, les méfaits devront être constatés en “flagrant délit”. Un inconvénient puisque ces faits se déroulant souvent de manière instantanée sont difficiles à prouver. Le cas de Marie est donc une exception mais qui pourrait bien faire des émules chez les patrons d’établissements témoins de ce type de violences.

La victime a porté plainte au commissariat et s’est rendue à l’hôpital pour “une évaluation d’incapacité totale de travail” (ITT) afin d’estimer “la gravité de l’agression“. Marie a confié au Parisien ne pas avoir réalisé dans l’immédiat ce qui lui était arrivé et avoir eu la pommette et l’arcade sourcilière “enflées“. L’agresseur qui “hurlait” a été poursuivi sur quelques mètres par les clients du bistrot avant de disparaître. Toujours recherché, il n’a pas encore été interpellé.

Publié le lundi 30 juillet 2018 à 12:01, modifications lundi 30 juillet 2018 à 10:53

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