Faits divers

Echirolles : Cinq policiers en garde à vue après avoir abattu un forcené

Cinq policiers sont intervenus à Echirolles pour un conflit de voisinage qui avait dégénéré. Les forces de l’ordre ont été obligées de faire usage de leur arme de service face à un individu menaçant qui aurait exhibé un pistolet devant eux. L’homme n’a pas survécu à ses blessures. Une enquête interne a été ouverte par l’IGPN. La famille a décidé de porter plainte.

Une enquête a été ouverte après le décès d’un homme âgé de 52 ans. Il a été abattu par la police vendredi soir à Echirolles, dans l’Isère.

Cinq policiers qui ont participé à l’intervention ont été placés en garde à vue. L’IGPN, la police des polices, se charge de cette enquête.

Les policiers concernés et confrontés à ce drame sont tous membres de la Brigade anti-criminalité (BAC) et de la section d’intervention.

Les forces de l’ordre ont dû faire face à une situation d’extrême urgence et à une scène de violence rare en arrivant sur les lieux. Un homme en état d’ivresse menaçait son voisin avec une machette.

Le procureur de la République de Grenoble Jean-Yves Coquillat a précisé les circonstances du drame. Cette information avait été diffusée et obtenue par Le Dauphine Libéré :

L’homme, excité, après avoir posé sa machette, aurait sorti une arme de derrière son dos.

Le procureur a détaillé les circonstances de l’intervention et a apporté des éléments précis sur le déroulement de la fusillade :

Positionnés en deux colonnes derrière deux boucliers balistiques, [les policiers auraient ouvert le feu avec] un fusil d’assaut HK G36 et au moins un pistolet automatique, dont chacun est équipé. [Le forcené] a reçu plusieurs projectiles dans le thorax et dans la tête.

Les forces de police sont sur les dents depuis de nombreux mois. Un mouvement de colère et de grogne des forces de l’ordre a débuté depuis une dizaine de jours suite au drame atroce de Viry-Châtillon où deux policiers ont failli mourir brûlés vifs suite au jet de cocktails Molotov sur leurs véhicules. Ils estiment être également en première ligne depuis les attentats de novembre 2015, l’attaque de l’Eglise de Saint-Etienne-du-Rouvray ou bien encore les meurtres atroces des deux policiers à leur domicile, à Magnanville.

L’IGPN a été saisie dans la nuit par le procureur. Les cinq policiers ont été placés en garde à vue dans la soirée dans le cadre de l’enquête suite à ce terrible drame.

Le procureur a déclaré dans les colonnes du Dauphiné Libéré :

Il s’agit de mener une enquête objective, indépendamment de la polémique actuelle liée aux questions de police.

Les policiers ont été auditionnés samedi matin par l’IGPN de Lyon. Ils estiment avoir agi en état de légitime défense.

Valérie Mourier, secrétaire départementale du Syndical Alliance s’est exprimée au micro de l’AFP :

L’enquête a bien avancé avec l’audition d’un témoin. Ils sont fatigués car la nuit a été longue, mais sereins sur leur intervention. On espère qu’ils seront libérés en début d’après-midi.

La famille de l’homme qui a été abattu va porter plainte.

Cet homme de 52 ans était père de quatre enfants. Il était carrossier dans les transports en commun grenoblois.

Sa compagne a été interrogée par RTL :

Pour moi, c’est une bavure, une grosse bavure. Vous vous rendez compte, cinq balles. Ils auraient pu le blesser, au lieu de le tuer directement. […] Je vais porter plainte de toute façon, je ne vais pas laisser l’affaire comme ça.

L’usage des armes à feu par les forces de l’ordre est très encadré en France. Ils ne peuvent intervenir et riposter que dans des cas bien précis et très limités. La menace terroriste et la tragédie de Viry-Châtillon ont poussé certains syndicats policiers à exiger, auprès du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, un assouplissement dans les textes relatifs à l’usage des armes à feu et à la riposte des policiers au quotidien face à la menace et aux nombreux dangers que rencontrent les forces de l’ordre sur le terrain et lors des interventions.

Aux dernières nouvelles, les policiers placés en garde à vue ont été libérés. Leur garde à vue a été levée. L’enquête va se poursuivre.

Publié le dimanche 30 octobre 2016 à 11:09, modifications dimanche 30 octobre 2016 à 9:55

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