Faits divers

Disparition d’un bébé mort-né au Havre : l’hypothèse d’une évacuation par les toilettes privilégiée

Alors à l’hôpital afin d’accoucher de son bébé mort-né, une jeune femme perd ses eaux aux toilettes. 3 jours plus tard, le fœtus reste introuvable. L’hôpital émet alors l’hypothèse que le bébé ait pu être évacué par la chasse d’eau.

6 octobre 2017. Alors enceinte de quatre mois, Anne Sophie S., est admise à l’hôpital Jacques-Monod au Havre (Seine-Maritime). Atteint d’une trisomie 18, son enfant avait été déclaré mort-né quelques jours auparavant, son cœur s’étant arrêté de battre.

“J’étais paniquée”

Afin d’évacuer le fœtus, les patientes doivent ingérer des médicaments “pour provoquer des contractions”. Les douleurs se déclenchent alors.

J’ai eu besoin d’aller aux toilettes, il y avait énormément de sang, j’étais paniquée.

Explique-t-elle.

La jeune femme de 29 ans sollicite alors une sage-femme qui tire la chasse d’eau “sans même regarder”.

Au bout de 3 jours en salle d’accouchement et ne voyant aucune évolution concernant la sortie du fœtus, un médecin lui annonce : “Il n’y a pas de bébé”. L’équipe médicale ainsi que la jeune femme supposent alors que le bébé aurait pu être aspiré par la chasse d’eau.

Il est soit dans les toilettes, soit dans les poubelles de sang. Mais il est à l’hôpital. Je suis entrée avec un bébé, je suis sortie sans. Je ne voulais pas qu’il parte comme un déchet.

Affirme Anne Sophie S.

Ce jour-là, le monde s’est écroulé autour de moi. Pourtant, le personnel médical et les infirmières m’avaient assuré que je pourrais passer deux heures avec mon bébé pour lui dire au revoir et prendre des photos pour faire mon deuil

Ajoute-t-elle.

L’enquête poursuit son cours

Afin de déterminer les causes exactes de la disparition du fœtus, une enquête interne a été lancée au sein de l’hôpital. Elle n’a pas encore donné ses fruits, les auditions du personnel de l’hôpital étant encore en cours.

 Il faut que l’ensemble des faits soient retracés. A priori, ça ne s’est pas passé comme prévu. L’enquête devra dire à quel moment il y a eu défaut.

Reconnaît Maïlys Mouginot, directrice des affaires générales.

À ce jour, un nouveau combat attend Anne Sophie S. Afin de noter sa fille décédée sur l’état civil, elle souhaite obtenir un certificat d’accouchement. Toutefois, “la réglementation accorde la possibilité de réaliser un certificat d’accouchement à condition de réceptionner un corps”, ce qui n’a pas été le cas.

Loin d’accuser l’hôpital d’avoir tué son bébé, la jeune femme souhaite, en rendant publique son histoire, sensibiliser sur le deuil périnatal. Désireuse que la vérité soit rétablie et que l’établissement reconnaisse “ses erreurs commises pendant mon accouchement”, Anne Sophie S. a écrit à la Ministre de la Santé Agnès Buzyn ainsi qu’à Brigitte Macron le 22 décembre 2017.

Affaire à suivre.

Publié le jeudi 4 janvier 2018 à 16:05, modifications jeudi 4 janvier 2018 à 16:05

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