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Fac de droit de Montpellier : toujours en garde à vue, le doyen et un professeur suspendus

Mis en cause dans les violences survenues la semaine dernière, le doyen et un professeur de la fac de droit de Montpellier, qui ont passé la nuit en garde à vue, ont été suspendus jeudi de leurs fonctions, après les premières conclusions d’une enquête administrative.

Au vu des premiers éléments de cette enquête ouverte lundi, les deux hommes, accusés par des témoins d’avoir facilité ou pris part à l’expédition punitive menée par des hommes cagoulés contre des étudiants grévistes dans la nuit du 22 au 23 mars, “sont immédiatement suspendus de leurs fonctions”, a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur Twitter.

La ministre a appelé à “l’apaisement” sur France Info, alors que les mouvements de blocage et les manifestations contre la loi qu’elle a portée se multiplient dans des universités françaises. Mme Vidal a rappelé qu’il y avait “deux lignes rouges” à ne pas franchir: “pas de violence dans les établissements (…). Et puis faire en sorte que l’année universitaire se termine et que les examens aient lieu dans les meilleures conditions”.

Après des violences “inadmissibles”, les conclusions de l’enquête administrative “seront rendues à la fin de la semaine”, a-t-elle précisé. Le président de l’université de Montpellier a annoncé que la faculté de droit ouvrirait à nouveau le 3 avril, ce que l’intersyndicale juge prématuré.

C’est une décision que la LDH et l’Intersyndicale des personnels attendaient.

a toutefois reconnu auprès de l’AFP à propos des suspensions Sophie Mazas, présidente de la Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault. Mais, ajoute-t-elle, “tant que les personnes qui étaient sous les cagoules n’auront pas été identifiées et sanctionnées, nous resteront dans une demi-mesure”. Plusieurs doctorants, chargés de TD sont notamment accusés par des victimes et témoins d’avoir été parmi le commando cagoulé.

“Très conservateur”

Vote en assemblée générale le 27 mars 2018 à l'Université Paul Valéry de Montpellier, bloquée depuis la mi-février.

(credit photo AFP/Archives) Vote en assemblée générale le 27 mars 2018 à l’Université Paul Valéry de Montpellier, bloquée depuis la mi-février.

Mme Mazas et l’Intersyndicale réclament par ailleurs que “la sécurité ne soit plus confiée à la même société privée”, dont les agents sont accusés d’avoir “accompagné le mouvement, y compris avec un taser, au lieu de s’interposer pour protéger les étudiants”.

A Montpellier, où une enquête judiciaire en flagrance pour violences en réunion avec arme a été ouverte, le doyen Philippe Pétel et le professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon “ont passé la nuit en garde à vue et se trouvent toujours en garde à vue à cette heure”, a par ailleurs déclaré à l’AFP le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret dans la matinée de mercredi.

Elu en mai 2017 doyen de la faculté de droit et de science politique de Montpellier, Philippe Pétel avait assuré au lendemain des violences qu’il n’entendait pas démissionner et protesté de son innocence, avant que la présidence de l’université n’annonce sa démission un jour plus tard.

Professeur agrégé de droit privé, il a effectué toutes ses études et l’essentiel de sa carrière à Montpellier, où il a notamment été pendant 20 ans directeur de l’Institut d’Etudes Judiciaires (IEJ). A ce titre, cette personnalité dans le monde du droit au plan régional, a formé de nombreux magistrats et avocats.

M. Coronel de Boissezon, décrit par des étudiants et des collègues comme “très conservateur”, était notamment co-directeur du Master II d’Histoire du Droit et est accusé par des témoins d’avoir participé –à visage découvert– dans la nuit du 22 au 23 mars à l’évacuation brutale d’étudiants qui occupaient un amphithéâtre, au côté du groupe d’hommes cagoulés et armés de bâtons qui est intervenu.

Publié le jeudi 29 mars 2018 à 11:36, modifications jeudi 29 mars 2018 à 11:32

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