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Emmanuel Macron face à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel : les temps forts de l’interview

L’interview accordée ce dimanche 15 avril par Emmanuel Macron à Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin a parfois tourné au pugilat, voire à la cacophonie. Voici un résumé des séquences à ne pas rater.

Après une interview au 13 Heures de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 jeudi 12 avril, Emmanuel Macron s’est soumis dimanche 15 avril aux questions d’Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin pour Médiapart et RMC, BFMTV. Pendant près de trois heures d’entretien, ils ont abordé des sujets de l’actualité aussi divers que la Syrie, la SNCF, la politique fiscale, NDDL. Ou encore la victoire du PSG.

Au cours de sa campagne présidentielle, le président de la République avait fait la promesse à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel de venir faire le bilan de sa première année de mandat chez eux. Pourtant, ce dimanche soir, il n’était pas question de faire cet entretien au Palais de l’Elysée ni sur le plateau de la chaîne d’informations en continu. À la recherche d’un lieu culturel, l’entretien s’est finalement fait au Théâtre national de Chaillot, face à la Tour Eiffel.

Des frappes en Syrie, pas une guerre

Interrogé sur les frappes conjointes entre Français, Américains et Britanniques sur trois sites de production d’armes chimiques en Syrie, dans la nuit de vendredi à samedi 14 avril, le président a assumé « une opération parfaite conduite » de manière remarquable comme « très peu d’armées au monde peuvent le faire ».

Nous avons réussi l’opération puisque l’intégralité des missiles ont atteint leurs objectifs et que les capacités de production des armes chimiques ont été détruites.

A argumenté Emmanuel Macron.

Cette décision, la France l’a prise sur le principe dès dimanche dernier. 48 heures après les premières identifications d’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta. Elle est conforme aux engagements pris. Nous avons en effet obtenu des preuves que des armes chimiques avaient été utilisées. Et nous avons ensuite obtenu la preuve que l’utilisation du chlore pouvait être attribuée au régime syrien.

Relancé par Edwy Plenel sur la légalité de l’intervention décidée hors du cadre de l’ONU, le président de la République a répondu :

Nous avons la pleine légitimité internationale. Trois membres du conseil de sécurité de l’ONU sont intervenus, sans déclarer la guerre à la Syrie.

A-t-il ajouté, confirmant que « l’unique engagement militaire en Syrie » reste celui contre l’Etat islamique.

Bien qu’il n’ait pas apporté, comme les journalistes lui ont demandé, les preuves de l’utilisation d’armes chimiques par Damas, Emmanuel Macron a reconnu « qu’on n’obtient pas la paix en faisant des bombardements ».

La France et ses alliés n’ont pas déclaré la guerre à Bachar Al-Assad.

Il n’y a pas de coagulation des mécontentements

J’entends toutes les colères. Il y en a des légitimes qui correspondent à des réformes en cours, comme celle de la SNCF. A Notre-Dame-des-Landes, il y a une colère qui n’est pas légitime.

A affirmé Emmanuel Macron qui a dit rejeter toute idée de « coagulation des luttes ». Par ailleurs, il a distingué les colères légitimes, « qui correspondent à des réformes en cours » comme celle de la SNCF. Et d’autres « qui ne le sont pas », en prenant comme exemple les zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

Sur ce sujet brûlant, le président de la République a défendu son choix d’évacuer certaines parties de la Zad.

Cette occupation avait presque dix ans d’âge. Nous avons dit qu’en janvier, il faudrait évacuer les lieux. Car il n’y avait plus de raison d’être là. Nous avons, à l’issue de la période hivernale, rétabli l’ordre républicain.

En outre, Emmanuel Macron a rappelé qu’à l’issue du nouveau délai de régularisation, fixé au 23 avril, « tout ce qui devrai être évacué le sera ».

De plus, avec la même cohérence que lors de son interview de jeudi 12 avril, Emmanuel Macron a affiché sa fermeté sur les blocages des universités.

Dans toutes les universités où il y a des amphis paralysés et des violences inadmissibles. Les bloqueurs sont minoritaires, ne font pas partie de l’universitaire et pour citer Audiard, ce sont des ‘professionnels du désordre’. On a des groupes, la plupart du temps violent, qui mènent un projet politique qui n’a rien à voir.

Sur la dette de la SNCF

Enfin, une annonce importante de cet entretien : celle sur la dette de la SNCF.

Oui, à partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra progressivement la dette de l’entreprise ferroviaire.

A averti Emmanuel Macron.

Cette mesure était l’une des revendications phares des syndicats. Or, Emmanuel Macron avait déjà annoncé jeudi que cette dette serait reprise « pour partie » et « progressivement » à mesure que les réformes entreraient en vigueur à la SNCF.

Finalement, alors qu’Edwy Plenel a énuméré les mécontentements sociaux qui s’accumulent, Emmanuel Macron lui a reproché sa malhonnêteté intellectuelle consistant à comparer des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres.

La théorie du ruissellement, je n’y crois pas

Quant à Jean-Jacques Bourdin, qui s’est voulu porteur de l’indignation populaire, il a malmené Emmanuel Macron sur les questions de fiscalité. En effet, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel l’ont interrogé sur l’optimisation fiscale pratiquée par certaines entreprises, exemples à l’appui.

Ce que vous qualifiez de fraude fiscale, ce n’est pas pénalement puni par la loi.

A justifié Emmanuel Macron, avant de souligner sa volonté d’harmoniser la fiscalité européenne. Il s’est toutefois défaussé sur son administration.

Le président de la République ne donne aucune instruction en matière de contrôle fiscal. Nous serons intraitables en matière de fraude fiscale, je m’y engage.

Après cela, l’entretien est devenu de plus en plus heurté au moment d’aborder la question de la fiscalité française. En effet, Emmanuel Macron, qui a déjà amorcé la baisse de la taxe d’habitation, a promis une refonte de la fiscalité locale. D’emblée, le président de la République a averti qu’il n’y aurait « pas de nouvel impôt », ni local ni national.

La théorie du ruissellement, je n’y crois pas.

A tranché le président de la République lorsqu’il a été interrogé sur la justice de ses politiques fiscales.

Or, c’est pourtant ce que semblait indiquer l’usage répété d’une métaphore qu’il affectionne, celle du premier de cordée.

Vous ne m’avez pas écouté.

A coupé le chef de l’État lorsque Jean-Jacques Bourdin le lui a fait remarquer.

La France doit être un pays attractif où on garde les meilleurs. Ce qui explique notamment la refonte de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière. J’assume totalement les gestes fiscaux faits.

Sur les violences faites aux femmes

En fin d’émission, le président de la République a été interrogé sur les violences faites aux femmes et les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc.

Je n’ai pas attendu #MeToo pour m’en rendre compte. J’ai constamment dans mon projet politique porté l’égalité entre les hommes et les femmes.

A-t-il lâché. A la maladresse près de parler de « confrères féminines » plutôt que de « consœurs »…

Publié le lundi 16 avril 2018 à 11:11, modifications lundi 16 avril 2018 à 11:01

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