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Deux morts en Irak dans un mouvement de grogne sociale qui s’étend

Deux personnes ont été tuées dans le sud de l’Irak dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’un mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le sud du pays et gagne du terrain, y compris à Bagdad.

Les deux manifestants ont “été tués par balles” dans la province méridionale de Missane, à la frontière avec l’Iran, a indiqué le porte-parole des services de secours provinciaux, Ahmad al-Kanani.

Ces décès porte à trois le nombre de morts depuis le début du mouvement de contestation sociale, au cours duquel des dizaines de personnes, notamment des membres des forces de sécurité, ont été blessées selon des sources médicales.

Les protestations ont débuté le 8 juillet dans la province de Bassora (sud), les manifestants dénonçant la déliquescence des services publics ainsi qu’un chômage endémique, et criant leur colère contre l’incurie des autorités dans cette région pourtant riche en pétrole. La mort d’un manifestant dans la ville de Bassora ce même 8 juillet a exacerbé la grogne.

Face à cette mobilisation, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est rendu vendredi à Bassora pour tenter de calmer le mouvement mais en vain.

Les manifestations se sont poursuivies dans cette ville et sa province, s’étendant même à plusieurs régions d’Irak dont Bagdad.

Samedi, des dizaines de protestataires se sont ainsi rassemblés dans plusieurs quartiers de Bassora, y compris près de champs pétroliers à l’ouest de la ville, du siège des autorités provinciales et du port, selon un correspondant de l’AFP.

“Tirs à l’aveugle”

Quelques personnes ont également brièvement manifesté à un poste-frontière avec le Koweït, selon la même source.

Des Irakiens manifestent devant le siège du gouvernement de la province de Bassora (sud) dans la ville éponyme, le 13 juillet 2018

(credit photo AFP) Des Irakiens manifestent devant le siège du gouvernement de la province de Bassora (sud) dans la ville éponyme, le 13 juillet 2018

La veille à Bassora, les protestataires avaient scandé “les voleurs nous pillent” en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement. Des rassemblements avaient aussi eu lieu dans les provinces méridionales de Zi Qar et Najaf.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la contestation s’est ensuite étendue à une autre province du sud du pays, Missane, où de nombreux rassemblements ont eu lieu devant le siège de partis politiques, dont celui de M. Abadi. Certains ont été incendiés, d’après des médias irakiens.

C’est au cours d’une de ces manifestations, à Amara, chef-lieu de la province de Missane, que deux personnes ont été tuées dans des circonstances qui n’ont pas été clairement établies.

“Il y a eu des tirs à l’aveugle”, a indiqué M. Kanani, le porte-parole des services de secours provinciaux.

Une petite manifestation pacifique a également eu lieu après minuit dans le quartier d’Al-Choula dans le nord de Bagdad, sous une forte présence des forces de l’ordre, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

Des appels à une grande manifestation à Bagdad circulaient samedi sur les réseaux sociaux, certains internautes demandant à ce que le cortège prenne la direction de la zone verte, le secteur de la capitale où se concentrent les institutions nationales et les ambassades qui est interdit d’accès à la plupart des Irakiens.

La plus haute autorité chiite d’Irak a annoncé vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres et les destructions.

Publié le samedi 14 juillet 2018 à 16:20, modifications samedi 14 juillet 2018 à 16:21

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