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Trop de protéines animales au menu des cantines scolaires selon Greenpeace

Greenpeace a pointé la différence entre le nombre de protéines, notamment d’origine animale, que l’on trouve dans un plateau repas à la cantine et les recommandations des nutritionnistes.

Il y a trop de protéines animales au menu des cantines scolaires ! C’est en tout cas la conclusion d’une étude menée par Greenpeace et publiée ce lundi 4 décembre.

En effet, d’après par Le Parisien qui a révélé l’information, les cantines scolaires proposent des protéines animales de façon démesurée. Cela concerne toutes catégories confondues, du bœuf au poulet, en passant par le porc). Cette conclusion est notamment vraie pour les repas servis à la maternelle et au primaire.

Si l’on considère l’ensemble d’un repas, soit un morceau de viande, un laitage mais aussi un peu de pain, des pâtes et des légumes. On arrive à un apport de protéines entre deux et quatre fois supérieur aux recommandations des nutritionnistes.

A ainsi analysé Laure Ducos, chargée de mission agriculture au sein de Greenpeace.

Des repas trop riches

En outre, sur le milliard de repas distribués par an à six millions d’élèves en France, l’apport en protéines serait en moyenne deux à quatre fois supérieur aux recommandations des nutritionnistes. Et principalement celles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

En effet, Greenpeace a mis en exergue le fossé qui sépare les chiffres de l’ANSES en matière d’apport alimentaire et les listes fournies par le Groupe d’étude des marchés restauration collective et nutrition (GEM-RCN). Cet organisme, rattaché au ministère de l’Economie, est chargé de guider les restaurateurs scolaires dans leurs achats. Pour cela, il traduit en quantité technique (nombre de repas, taille des portions, nombre de laitages, etc) les recommandations du Programme National Nutrition Santé. Celui-ci s’appuie sur les conclusions scientifiques de l’Anses ou encore du Haut conseil à la santé publique.

Ainsi, quand l’Anses propose une dose totale de protéines allant de 4,8 g à 11,6 g pour le déjeuner d’un enfant de 3 à 11 ans, cette dose grimperait à 58,8 g (16,9 g de protéines végétales et 42,9 g de protéines animales) dans le contenu potentiel du plateau repas d’un garçon de 6 ans. Soit, selon les simulations de Greenpeace, 600% des apports recommandés.

La surconsommation de protéines animales en particulier, favorise chez les jeunes enfants le surpoids et l’obésité. Et les expose aux contaminants de la viande comme les résidus antibiotiques.

A précisé l’étude.

Une trop grande importance aux représentants des filières viandes

Greenpeace a essayé de comprendre pourquoi il y avait trop de protéines. Et nous nous sommes rendu compte qu’au niveau national, il y avait un désengagement de l’Etat dans les groupes de travail qui rédigent les recommandations. L’Etat laisse une trop grande importance aux représentants des filières viandes et produits laitiers qui pèsent autant que les nutritionnistes. Ce qui, à nos yeux, est tout à fait choquant.

En effet, d’après le pointage de l’ONG, sur les 43 membres que comptaient les réunions de travail du GEM-RCN pour l’année 2014, au moins six personnes appartenaient à des filières ayant traits à la viande ou au lait. A l’image d‘Interbev, une association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes.

Un nombre égal à celui des nutritionnistes invités autour de la table, quand les représentants de l’Etat et des collectivités n’étaient pas plus de cinq.

Pour cela il est urgent d’en modifier profondément le fonctionnement et la gouvernance. Ou d’envisager d’autres méthodes d’élaboration des recommandations en matière de nutrition. Ce qui intègre pleinement les impératifs en matière de santé et d’environnement.

A prévenu Greenpeace.

Jeudi 30 novembre, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, avait plaidé pour que les cantines scolaires proposent aux enfants un menu végétarien « un jour par semaine ».

Publié le mardi 5 décembre 2017 à 9:48, modifications mardi 5 décembre 2017 à 9:48

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