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Cour suprême: premier vote sous haute tension attendu pour le juge Kavanaugh

C’est dans un climat extraordinaire de vives tensions politiques et d’émotions que la réunion pour un premier vote sur la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême a démarré vendredi au Sénat américain, après le ralliement en sa faveur d’un sénateur clé.

De coups de théâtre en déclarations indignées, les premières minutes de la réunion de la commission judiciaire du Sénat, d’ordinaire une affaire plutôt policée, ont pris un virage spectaculaire.

Les 11 républicains de la commission ont dit oui à l’unanimité pour la tenue du vote préliminaire à 13H30 (17H30 GMT), tandis que les 10 démocrates ont voté non en bloc. Furieux, plusieurs démocrates ont quitté la salle en signe de protestation.

La nomination du candidat de Donald Trump à la Cour suprême doit ensuite être approuvée définitivement lors d’un vote final en séance plénière, qui devrait intervenir dans les prochains jours.

Quelques instants avant l’ouverture de la réunion, un sénateur républicain clé pour la confirmation de Brett Kavanaugh a annoncé qu’il soutiendrait le juge conservateur de 53 ans lors du vote final, faisant pencher la balance bien plus nettement en sa faveur.

Les républicains disposent au Sénat d’une courte majorité de 51 sièges, contre 49 pour les démocrates, et ne peuvent se permettre qu’un désistement.

Le sénateur Jeff Flake a expliqué pourquoi il voterait pour M. Kavanaugh, juge conservateur de 53 ans qui a rejeté en bloc jeudi les accusations d’agressions sexuelles le visant après le témoignage poignant d’une de ses victimes présumées.

“J’ai quitté l’audition hier (jeudi) avec autant de doutes que de certitudes. Ce dont je suis certain, c’est que notre système judiciaire offre une présomption d’innocence aux personnes accusées, en l’absence de preuves vérifiées”, a-t-il écrit.

Dans un moment rarissime au Sénat américain, des femmes, extrêmement émues, ont immédiatement pris à partie Jeff Flake, alors qu’il tentait de se rendre à la réunion de la commission.

“J’ai deux enfants. Je ne peux pas imaginer que pour les 50 prochaines années ils auront quelqu’un à la Cour suprême qui a été accusé (d’agressions sexuelles)”, lui a lancé l’une d’elles.

“Regardez-moi quand je vous parle”, a crié une autre. “Vous me dites que mon agression ne compte pas, que ce qui m’est arrivé ne compte pas et que vous laissez les gens qui font ces choses accéder au pouvoir”.

Dans les couloirs du Congrès, des manifestants anti-Kavanaugh ont clamé: “Novembre arrive”. Une allusion aux élections parlementaires cruciales du 6 novembre, lorsque les républicains joueront leur majorité au Sénat et à la Chambre des représentants.

“Fier” de voter pour Kavanaugh

Christine Blasey Ford et Brett Kavanaugh lors de leurs auditions devant la commission judiciaire du Sénat américain, à Washington le 27 septembre 2018

(credit photo POOL/AFP) Christine Blasey Ford et Brett Kavanaugh lors de leurs auditions devant la commission judiciaire du Sénat américain, à Washington le 27 septembre 2018

Les républicains “ont pris leur décision avant même d’avoir entendu un seul mot” de Christine Blasey Ford, l’universitaire de 51 ans entendue jeudi, qui accuse le juge de l’avoir agressée quand ils étaient tous deux lycéens, a déploré la sénatrice démocrate Dianne Feinstein.

“Il est temps d’arrêter le cirque”, a expliqué le chef républicain de la commission judiciaire, Chuck Grassley, en fixant l’heure du vote.

Les chefs républicains apparaissent résolus à voir Brett Kavanaugh siéger à la Cour suprême.

Dès jeudi soir, Donald Trump avait réaffirmé son soutien à son candidat. Et le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, se disait “fier de voter pour confirmer le juge Kavanaugh quand le Sénat votera en séance plénière dans les prochains jours”.

Le doute demeure sur la décision de deux sénatrices républicaines qui défendent le droit à l’avortement, Susan Collins et Lisa Murkowski. Du côté des démocrates, des sénateurs élus dans des terres pro-Trump et qui jouent, eux, leur réélection, concentrent également toute l’attention.

Jeudi, lors d’une journée extraordinairement chargée en émotion, deux vérités irréconciliables se sont heurtées devant la commission judiciaire. Christine Blasey Ford et Brett Kavanaugh ont été entendus pendant de longues heures, lors d’une audience d’une intensité rare retransmise sur des millions d’écrans.

S’il ne risque pas de condamnation, le juge Kavanaugh joue gros à une époque marquée par une prise de conscience des dommages infligés aux femmes par les violences sexuelles, symbolisée par le mouvement #MeToo.

Le Sénat est, selon la Constitution, chargé de donner son feu vert pour les postes à vie au sein de la plus haute juridiction des Etats-Unis, arbitre des questions de société les plus épineuses comme le droit à l’avortement, le mariage homosexuel ou la régulation des armes à feu.

Publié le vendredi 28 septembre 2018 à 17:40, modifications vendredi 28 septembre 2018 à 17:40

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