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Corse: une tentative de règlement de comptes vise le fils de l’ex-leader nationaliste Alain Orsoni

Guy Orsoni, fils de l’ex-leader nationaliste Alain Orsoni et condamné en 2015 pour association de malfaiteurs, a été blessé par balles jeudi matin à Ajaccio, une tentative d’assassinat qui s’inscrit, selon le procureur d’Ajaccio, dans une logique de “règlements de comptes” au sein du “grand banditisme”.

Le trentenaire a été touché au bras alors qu’il se trouvait au volant de son 4×4 Mercedes noir blindé, jeudi matin vers 09H45 à l’entrée des Jardins de l’Empereur, un quartier populaire sur les hauteurs de la ville, mais ses jours ne sont pas en danger. Ses agresseurs, actuellement en fuite, deux personnes qui circulaient à moto, ont utilisé un fusil d’assaut, a précisé le procureur Eric Bouillard.

Guy Orsoni a réussi à échapper à ses agresseurs en se dirigeant à bord de son véhicule vers le centre-ville, où il s’est arrêté non loin du tribunal et a été pris en charge par des policiers, selon une source proche de l’enquête, confiée à la police judiciaire.

Le parquet d’Ajaccio s’est dessaisi du dossier au profit de la Jirs (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille, compétente en matière de grande criminalité organisée.

“La peur prend le dessus”

“J’ai entendu deux déflagrations et après j’ai vu un 4×4”, a raconté à plusieurs journalistes une femme d’une quarantaine d’années qui n’a pas souhaité donner son identité, témoin des faits devant la boulangerie des Jardins de l’Empereur. “Vous entendez du bruit, vous vous posez la question de ce que c’est et après c’est la peur qui prend le dessus”, a-t-elle expliquée, visiblement choquée.

Corse

(credit photo AFP) Corse

Dans une petite rue à proximité du tribunal était immobilisé le 4×4 noir de M. Orsoni, feux allumés et les deux portières avant et arrière gauche criblées d’impacts de balles. Plusieurs membres de la police scientifique, en combinaison blanche et masque, scrutaient les lieux à la recherche d’indices, a constaté l’AFP. Des membres de la police judiciaire était également présents en nombre à la mi-journée.

Un large cordon de police empêchait d’accéder au quartier des Jardins de l’Empereur et aux immeubles environnants. Les élèves de l’école du quartier ont été gardés dans l’établissement pendant la pause déjeuner, selon une source proche de l’enquête.

Guy Orsoni a quant à lui été hospitalisé en fin de matinée.

Contacté par l’AFP, son avocat, Camille Romani s’est dit “soulagé qu’il n’ait été que blessé à la suite de cette tentative manifestement d’assassinat, puisqu’une arme lourde a été apparemment utilisée. Il ne doit la vie sauve qu’au fait qu’il circulait dans un véhicule blindé”.

“Guerre des clans”

“Ma préoccupation essentielle à l’heure actuelle est que son état de santé ne s’aggrave pas. Il doit être sur la table d’opération à l’heure où je vous parle, il a reçu un projectile dans le bras et il est susceptible de conserver quelques séquelles”, a précisé l’avocat.

Poursuivi avec 10 autres personnes, notamment pour assassinats et association de malfaiteurs en vue de commettre des assassinats, Guy Orsoni a été acquitté en juin 2015 pour les crimes et condamné à huit ans de prison pour une association de malfaiteurs en vue de se procurer de faux papiers.

L’accusation avait alors affirmé que ces assassinats s’inscrivaient dans une “guerre des clans” entre d’un côté les proches d’Alain Orsoni et de l’autre des proches de la bande criminelle du Petit Bar, du nom d’un café d’Ajaccio. Pour l’accusation, tous ces faits étaient la réponse du “clan Orsoni” à un complot visant à tuer Alain Orsoni déjoué à l’été 2008, doublé d’un conflit financier.

En mai 2017, Guy Orsoni a été mis en examen dans une nouvelle affaire et placé quelques mois en détention provisoire pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.

Militant nationaliste de la première heure, Alain Orsoni était l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA). En pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste, il avait quitté la Corse en 1996 et vécu 13 ans en Floride et au Nicaragua. Dénonçant régulièrement des “fantasmes”, il a toujours contesté l’existence d’un “clan Orsoni”.

Publié le jeudi 13 septembre 2018 à 15:40, modifications jeudi 13 septembre 2018 à 15:40

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