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Chômage: Pôle emploi publie jeudi les chiffres du 3e trimestre

Pôle emploi publie jeudi midi ses chiffres pour le troisième trimestre qui vont être scrutés par les partenaires sociaux au moment où ceux-ci s’apprêtent à négocier, sous la pression du gouvernement, une nouvelle réforme de l’assurance-chômage.

Au vu des statistiques mensuelles de juillet et août, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits sur les listes de l’opérateur public devrait être en hausse en moyenne sur le trimestre, sauf forte baisse en septembre.

Au deuxième trimestre, le nombre de chômeurs avait très légèrement augmenté (+6.700, +0,2%) pour s’établir à 3,70 millions de personnes en France entière, même s’il restait en baisse sur un an (-1,1%). Et le nombre de demandeurs d’emploi avec ou sans activité, avait également augmenté de 0,2% à 5,94 millions (+1,5% sur un an).

En cause: le “trou d’air” traversé par l’économie au premier semestre, avec une croissance qui a plafonné à 0,2% au premier comme au deuxième trimestre. Début octobre, l’Insee a abaissé sa prévision pour 2018 à 1,6%, après 2,2% en 2017, même si le PIB devrait augmenter de 0,5% au troisième trimestre, puis de 0,4% au quatrième.

Dans le sillage du ralentissement de l’activité, les créations d’emplois marqueraient le pas en 2018 avec 129.000 créations nettes contre 342.000 en 2017 selon l’Insee.

Décrue très lente

Les indicateurs sont néanmoins contrastés: les embauches, aussi bien en CDI qu’en CDD de plus d’un mois, sont reparties à la hausse (+2,7%) au troisième trimestre, atteignant un nouveau record, selon des chiffres de l’Acoss publiés mercredi. Et les recrutements de cadres sont eux au plus haut.

Selon l’Insee, le taux de chômage devrait suivre une décrue très lente à 8,9% fin 2018 contre 9,1% fin juin.

Cela n’empêche pas Muriel Pénicaud de maintenir “l’ambition d’arriver à un taux de 7%” d’ici la fin du quinquennat.

Soulignant “qu’une entreprise sur deux a des problèmes de recrutement”, la ministre du Travail table sur l’effort massif décidé sur l’apprentissage et la formation professionnelle pour réduire le chômage des jeunes et des moins qualifiés.

Lancé il y a un an, le plan d’investissement dans les compétences (PIC) d’un montant de 15 milliards d’euros sur 5 ans prévoit la formation d’un million de demandeurs d’emplois et d’un million de jeunes décrocheurs.

Mais pour l’instant, le nombre de de chômeurs en formation n’est en hausse que “de 2%” depuis le début de l’année, selon le haut commissaire aux compétences, Jean-Marie Marx.

Autre levier de l’exécutif, la réforme de l’assurance-chômage qui sera négociée par les organisations patronales et syndicales à partir du 9 novembre sur la base d’une lettre de cadrage du gouvernement.

L’exécutif met en avant la “lutte contre la précarité”, l'”incitation au retour à l’emploi”, ainsi que la nécessité de désendetter l’Unédic, plombée par une dette de 35 milliards d’euros.

La régulation des contrats courts par la mise en place d’un “bonus-malus” sur les cotisations patronales ou le cumul “allocation/salaire” seront au cœur des discussions d’une négociation qui s’annonce difficile et doit aboutir d’ici fin janvier.

Publié le jeudi 25 octobre 2018 à 4:10, modifications jeudi 25 octobre 2018 à 4:10

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