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Charlie Hebdo : Le policier chargé de la protection de Riss écarté pour soupçons de radicalisation

Un policier chargé de protéger Riss, le directeur de Charlie Hebdo, s’est vu retirer son habilitation. En cause : des soupçons de radicalisation.

BFM TV annonçait, ce mardi 30 octobre, qu’un policier chargé de la protection de Riss, dessinateur et directeur de Charlie Hebdo, a été écarté après des soupçons de radicalisation. Les faits se seraient produits il y a un mois à la suite d’une enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Consultation de sites islamistes

Ce fonctionnaire, membre du Service de la protection (SDLP), est en poste dans le service depuis une dizaine d’années. Sa mission est d’assurer la sécurité de personnalités, notamment celle de Riss jusqu’alors. En effet, le dessinateur avait été blessé au bras lors de l’attentat du 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo. Depuis, il fait partie des personnalités les plus menacées du pays, d’où la prudence extrême des services de police.

Or, il y a plusieurs mois, le patron du SDLP, Frédéric Auréal, a demandé que son service soit habilité « secret-défense ». Cette procédure nécessite, entre autre, que ses membres soient régulièrement inspectés par la DGSI. Celle-ci étant ensuite chargée de communiquer ensuite ses « avis » à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et au SDLP. Ainsi, l’homme a reçu un avis défavorable à la reconduction de son habilitation. Par ailleurs, le fonctionnaire a été débarqué le mois dernier par la DGPN, qui a préféré ne prendre aucun risque.

Plusieurs éléments ont justifié la mise à l’écart de cet agent. Tout d’abord, la DGSI a constaté, dans ses investigations, plusieurs visites sur des sites islamistes. Ensuite, selon BFMTV, certains de ses collègues auraient signalé son comportement « suspect » et ses contacts « inquiétants ».

De son côté, le policier mis en cause, qui a précédemment été chargé de la protection de l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, rejette fermement ces soupçons de radicalisation. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il pourrait engager une procédure pour contester sa mise à l’écart. En outre, l’avocat de ce dernier, contacté par BFMTV, rappelle que le fonctionnaire est très bien noté, qu’il a été félicité. Et qu’il a notamment reçu des lettres de recommandation de services étrangers.

Début 2018, le ministère de l’Intérieur avait déclaré que sur près de 280.000 hommes et femmes composant ses effectifs, une vingtaine de policiers et une dizaine de gendarmes étaient suivis pour des soupçons de radicalisation.

Publié le mercredi 31 octobre 2018 à 12:57, modifications mercredi 31 octobre 2018 à 11:05

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