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Cannes : L’interdiction du burkini ne fait pas l’unanimité

Le 28 juillet 2016, David Lisnard, maire de Cannes, a pris un arrêté municipal interdisant le port du burkini, un maillot couvrant intégralement le corps, sur les plages de la ville. Une mesure qui fait des vagues et suscite l’indignation de plusieurs associations de défense des droits de l’homme.

Le port du burkini n’est pas le bienvenu sur les plages cannoises. En décidant d’interdire le port de ce maillot qui couvre intégralement le corps, David Lisnard s’est attiré les foudres des associations. Si la ville des Alpes-Maritimes entend interdire par arrêté municipal le port du burkini sur ses plages, deux associations ont décidé de s’opposer à cette mesure en saisissant la justice dans le but d’obtenir l’annulation de cette décision.

Parmi les révoltés, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la section locale Cannes-Grasse de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et SOS Racisme. Selon elles, David Lisnard nourrit les tensions et détourne le principe de laïcité. Le port du voile intégral dans l’espace public, jugé ostentatoire, est interdit en France mais rien n’y proscrit le port de signes ou de vêtements religieux.

L’essence même de la laïcité est de protéger la liberté religieuse, y compris dans l’espace public.

Explique Delphine Krust, avocate à la cour d’appel de Paris

Pourtant, David Lisnard a pris un arrêté municipal le 28 juillet 2016, interdisant :

L’accès aux plages et à la baignade (…) à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité.

Il affirme :

Une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d’attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l’ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu’il est nécessaire de prévenir.

Le maire de Cannes explique qu’il faut interdire les tenues ostentatoires :

Faisant référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre.

Le port de signes religieux, tels que la croix, le voile ou encore la kippa sont autorisés à la plage.

Pour SOS Racisme,

Tout dans cet arrêté, fût-il maquillé aussi délicatement qu’une voiture volée aux couleurs de la République, laisse transparaître la malveillance envers les populations arabo-musulmanes.

Une décision également condamnée par le PS qui a souligné que :

Le principe de laïcité, hormis le voile intégral, n’interdit pas les signes distinctifs religieux dans l’espace public tel que les plages.

Une polémique autour du burkini avait déjà éclaté début août. Une association musulmane de la région de Marseille voulait un parc aquatique privé, afin d’y organiser une sortie réservée à des femmes musulmanes portant le burkini. Une demande qui a été rejetée.

Cette mesure anti burkini fait polémique dans un contexte national déjà bien tendu. Pensez-vous qu’au nom de la laïcité, certaines personnes n’ont pas le droit de fouler le sable cannois ?

Publié le samedi 13 août 2016 à 12:56, modifications samedi 13 août 2016 à 12:56

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