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Calais : De violents affrontement éclatent entre des migrants

A Calais, une vingtaine de migrants ont été blessés jeudi dans de violentes rixes entre Erythréens et Afghans notamment. Plusieurs ont été touchés par balles. Gérard Collomb parle d’un degré de violence « jamais connu ».

De violents affrontements entre migrants afghans et erythréens ont éclaté jeudi 1er février sur plusieurs endroits de Calais (dans le Pas-de-Calais). Ces rixes ont fait 22 blessés, dont cinq par balle qui étaient toujours entre la vie et la mort dans la nuit de jeudi à vendredi, selon une information de L’Express.

Des rixes à plusieurs endroits de Calais

Dans l’après-midi, vers 15h30, une première bataille rangée a éclaté entre une centaine de migrants érythréens et une trentaine d’Afghans. Ils étaient près du centre hospitalier de Calais, où avait lieu une distribution de repas, selon la préfecture, citée par l’AFP. La Voix du Nord a ajouté que des coups de feu ont été entendus. Cinq migrants ont alors été touchés par balles, dont quatre grièvement.

Ensuite, vers 16 heures, un deuxième affrontement a eu lieu à environ 5 km de là, à Marck-en-Calaisis, dans l’agglomération calaisienne.

Une centaine de migrants africains armés de bâtons ont voulu s’en prendre à une vingtaine d’Afghans.

A indiqué le parquet de Boulogne-sur-Mer. Arrivée rapidement sur les lieux, la police a tenté de protéger les Afghans pris à partie par 150 à 200 Erythréens, selon la préfecture.

En fin d’après-midi et jusqu’en début de soirée, de nouveaux affrontements se sont succédés dans la zone industrielle des dunes de Calais. Non loin du site de l’ancienne « jungle de Calais ».

Les Afghans sont venus pour une distribution de repas rue des Verrotières et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer.

A précisé le parquet. Six migrants sont blessés, selon le parquet, dont un grièvement à la tête

Ainsi, selon le dernier bilan officiel, vingt-deux personnes ont été hospitalisées. Cinq migrants ont été touchés par balles. Pour quatre d’entre eux, qui seraient âgés de 16 à 18 ans et de nationalité érythréenne, leur pronostic vital est engagé, selon le parquet. Les autres blessés souffrent de nombreux traumatismes et de blessures diverses provoqués pour certains par des armes blanches, selon la préfecture. Deux policiers ont également été légèrement blessés.

Des tensions récurrentes entre Afghans et Africains

Alors qu’environ 800 migrants cherchent à passer en Grande-Bretagne, le conflit entre Afghans et Africains a toujours été présent.

C’est malheureusement un schéma classique de voir des affrontements éclater entre ces deux groupes ethniques de migrants. Sur les aires de distribution des repas, il y a des Erythréens, des Afghans, qui marquent leur territoire et qui se font la guerre. S’agressent violemment.

A justement détaillé au micro de France info, la maire Les Républicains de Calais Natacha Bouchart.

A noter que jeudi matin, avant que ces nouveaux affrontements n’éclatent, une centaine de policiers, de CRS et de gendarmes avaient été mobilisés pour le démantèlement d’un camp de migrants. En effet, selon La Voix du Nord, celui-ci s’était établi dans le bois à proximité de la route de Gravelines et de la rue des Verrotières.

Une escalade de violence insupportable pour Gérard Collomb

Arrivé sur place en début de nuit, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a déploré un « degré de violence jamais connu » et des événements « exceptionnellement graves ».

On a atteint une escalade de la violence devenue insupportable pour les Calaisiens et les migrants.

En effet, le bilan des violences de ce jeudi est le plus lourd depuis le 1er juillet 2017. A l’époque, des bagarres inter-ethniques avaient fait 16 blessés, dont un grave. Un an plus tôt, le 26 juin 2016, d’autres rixes s’étaient soldées par 40 blessés. Néanmoins, aucun n’avait été atteint gravement. La dernière rixe entre migrants ayant débouché sur des blessures par balles remonte au 25 novembre 2017. Deux groupes d’Afghans s’étaient tirés dessus dans ce qui ressemblait à un règlement de comptes entre passeurs. Cinq d’entre eux avaient été blessés.

Après ces affrontements, une enquête a été ouverte. La Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) et la brigade mobile de recherches de la police aux frontières ont été saisies. Un Afghan, suspecté d’être l’auteur des coups de feu, est toujours recherché. En effet, les tirs d’arme à feu proviendraient d’un ressortissant d’Afghanistan, selon les informations de l’AFP. Ce qui accréditerait encore la thèse de la présence de passeurs sur place.

Publié le vendredi 2 février 2018 à 11:34, modifications vendredi 2 février 2018 à 11:27

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