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Bure : Une opération de grande ampleur pour déloger les militants anti-nucléaires

500 gendarmes ont été déployés au bois Lejuc pour évacuer la zone en vue de l’enfouissement des déchets nucléaires du projet Cigéo.

Le Bois Lejuc, qui est devenu le centre de la résistance à l’enfouissement des déchets nucléaires du laboratoire de Bure dans la Meuse, a été évacué par la gendarmerie nationale ce jeudi 22 février 2017. Les opposants au nucléaire ont donc été délogés par la force, et 3 personnes on été mises en garde à vue.

Cette évacuation fait suite à la volonté du premier ministre Edouard Philippe de pas laisser la situation s’envenimer à cause des activistes présents sur le site. Il a donc joint l’acte à la parole ce jeudi en faisant appel à la gendarmerie nationale pour déloger les militants. C’est le  ministre de l’intérieur Gérard Collomb qui a annoncé officiellement le début de cette opération, dont le but est de “mettre fin à l’occupation illégale” du Bois Lejuc.

Une opération musclée

Les militants qui luttent contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure nommé Cigéo ont été ciblés par une opération de grande ampleur. Suite à l’autorisation d’intervenir donnée par le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc, c’est près de 500 gendarmes qui ont été envoyés sur le site, qui s’étend sur 221 hectares.

D’après une source proche du dossier contactée par le journal L’Express, le début de l’opération s’est passé “relativement bien bien que les gendarmes aient dû faire face à “des barricades enflammées et des individus encagoulés“. Il n’y aurait toutefois pas eu d’affrontements, et une quinzaine d’activistes ont évacué la zone dans les premiers moments de l’intervention.

Mais le calme n’a pas duré très longtemps, et des affrontements ont été déclenchés par l’envoi d’un cocktail molotov par un militant sur les gendarmes. Celui-ci a été interpellé, tandis que d’autres activistes se sont logés dans les arbres du Bois Lejuc pour échapper aux forces de l’ordre. Le collectif les ZIRAdiéEs, très actif dans l’occupation de la zone, a d’ailleurs tweeté un appel au soutien suite à l’assaut des gendarmes. Ils en ont également profité pour dénoncer les “flics avec flashball” et ont partagé une photo d’un campement dans un arbre.

La “Maison de la résistance” est sous contrôle des gendarmes

la “Maison de la résistance”, qui est occupée par les militants écologistes, a également été encerclée puis perquisitionnée par les gendarmes. Ces derniers cherchaient en effet à mettre la main sur des individus suspectés d’avoir affronté les forces de l’ordre. De leur côté, les ZIRAdiéES ont dénoncé cette intrusion dans leur QG dans un tweet à travers lequel ils ont à nouveau fait part de leur détermination.

Cette opération décriée par les militants a été rendue nécessaire à cause des “événements de la matinée, des violences sur les gendarmes et la mise en place d’obstacles sur la voie publique à Bure” d’après le procureur de Bar-de-Duc, Olivier Glady. Suite à la perquisition, 2 personnes ont été placées en garde à vue.

Le but de cette opération, qui s’est préparée depuis longtemps, est de sécuriser le bois Lejuc, afin de la rendre assez stable pour préparer l’enfouissement des déchets nucléaires. Mais la tâche des gendarmes sera rendue compliquée par les militants, qui ont d’ores et déjà appelé à “converger vers Bure“.

Une absence de dialogue critiquée par les associations

Cette opération de la gendarmerie nationale est survenue le jour de la visite du secrétaire d’État Sébastien Lecornu au Bois Lejuc. Celui-ci devait alors rencontrer plusieurs associations, comme le Cedra, Sortir du Nucléaire et un collectif d’élus opposés au nucléaire, afin de discuter du projet d’enfouissement. Mais suite au recours à la force pour déloger les militants, ces derniers ont refusé de voir le Sébastien Lecornu. Celui-ci a toutefois tenu à se justifier sur Twitter en affirmant que “dans un État de Droit, les oppositions doivent s’exprimer de manière légale.

Cette contestation a été provoquée par le choix du bois Leduc pour installer les cheminées d’aération du projet Cigéo, grâce auquel des déchets extrêmement radioactifs seront enterrés à 500 mètres sous terre. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) doit en attendant effectuer des forages sous la forêt pour préparer cette implantation. D’où la nécessité pour le gouvernement de déloger les militants…

 

Publié le samedi 24 février 2018 à 17:41, modifications samedi 24 février 2018 à 16:33

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