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BFM TV se sépare son expert en jihadisme qui est fiché S

Romain Caillet, l’expert en djihadisme sur BFM TV, fait l’objet d’une surveillance de l’antiterrorisme depuis plusieurs années. Il avait omis de le mentionner sur son CV…

La nouvelle a été communiquée ce vendredi 6 mai :

Recruté en mars dernier par BFM TV, rien ne prédestinait Romain Caillet à faire une carrière médiatique.

En effet, après un parcours scolaire en BEP vente, l’ex expert de BFM TV est parvenu à poursuivre des études supérieures à l’université et obtenir en 2005, un DEA (l’équivalent du Master 2) en histoire médiévale. Converti à l’islam en 1997, Romain Caillet s’est très vite passionné pour l’étude du djihad et voyager en Egypte, en Jordanie et au Liban. Il sera expulsé de ce dernier pays en mars 2015. C’est à ce moment que les autorités vont prêter attention aux activités de l’universitaire.

Ainsi, L’Obs a révélé que le spécialiste français des questions relatives au djihad et aux mouvances islamistes de BFM TV est fiché S depuis plusieurs années par les services antiterroristes français.

A la faveur des attentats parisiens du 13 novembre, l’homme est rapidement devenu un spécialiste des questions relatives à l’islam radical dans les médias et sur les réseaux sociaux avec plus de 33 500 abonnés sur Twitter.

 À l’occasion de ses discussions avec BFM TV, Romain Caillet n’a pas jugé utile de préciser à la chaîne un certain nombre d’éléments importants de son passé, liés directement aux questions qu’il devait évoquer à l’antenne. BFM TV le regrette. Dans ces conditions, Romain Caillet ne peut pas poursuivre son travail de consultant extérieur sur BFM TV.

A expliqué la chaîne d’information.

Son expertise était pourtant incontestée au sein de BFM TV et dans les médias français. David Thomson, un autre expert en réseaux djihadiste, l’avait qualifié de :

Meilleur connaisseur de l’État islamique.

Le Figaro avait même consacré à Romain Caillet une tribune pour qu’il explique les différences entre salafistes et djihadistes.

L’enseignement religieux salafiste, toutes tendances confondues, va à l’encontre des valeurs défendues par la majorité des Français.

Il semble qu’il n’ait pas été toujours aussi critique. Dans les années 2000, il était intervenu sur les forums islamistes sous le pseudonyme « Colonel Salafi ».

Alors qu’il était en Egypte, il avait suivi des cours à l’Institut Qortoba, considéré comme étant une « ruche à endoctrinement » et dont l’une des branches a été interdite en 2005 sur ordre des services de renseignements occidentaux.

Autre élément à charge renseigné par L’Obs : il a vécu à Nasr City, un quartier du Caire assidûment fréquenté par les islamistes les plus radicaux. Il y a notamment côtoyé les frères Clain. Pour rappel, l’aîné des frères, Fabien, a été impliqué dans l’attentat du Caire en 2009 et est considéré comme « la voix de l’Etat Islamique ».

J’ai vécu dans le 8ème arrondissement du Caire, à Nasr City, qui était comme un village où tout le monde se connaissait. J’ai croisé Jean-Michel Clain, mais beaucoup moins Fabien. J’ai un ami depuis 20 ans qui était en effet proche des deux frères.

A admis le chercheur au Figaro.

Ainsi, pour ces relations controversées, Romain Caillet avait été mis en garde à vue en janvier 2008 :

Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le djihad parce que je m’oppose au fait d’entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l’islam.

Avait-il expliqué aux policiers de la sous-direction antiterroriste.

Interrogé sur ce passé sulfureux, Romain Caillet n’a pas nié ces liens, mais s’est défendu d’avoir partagé la doctrine des futurs terroristes présumés.

Malgré ce mea culpa, Romain Caillet, toujours fiché S, n’a pas réussi à convaincre BFM TV de le garder dans son équipe.

Publié le samedi 7 mai 2016 à 9:33, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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