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Belgique : L’assaillant du Thalys n’a pas eu le “courage” de passer à l’acte

Ayoub El Khazzani n’a pas pu passer à l’acte lors de sa tentative d’attentat du train Thalys 9364. C’est ce qu’il a déclaré au juge d’instruction lors d’une audition en novembre 2017.

Son hésitation et le courage de quelques passagers du train auront permis de sauver plusieurs vies lors de la tentative d’attentat du Thalys. L’auteur des faits, Ayoub El Khazzani a expliqué au juge avoir perdu ses moyens au dernier moment. France Inter a pu avoir accès à la retranscription de l’audition qui a eu lieu en novembre dernier :

Personnellement, j’ai pas pu tuer. J’avais deux armes avec moi. Intérieurement, j’étais détruit psychiquement mais à la dernière minute, je n’ai pas pu.

Le ressortissant marocain avait choisi de se murer dans le silence durant les premiers temps de sa garde à vue. Il a finalement reconnu le 14 décembre 2016 avoir agi sur les ordres de Abdelhamid Abaaoud, également connu sous le surnom d’Abou Omar, le cerveau Belgo-Marocain soupçonné d’être à l’origine des attentats du 13 novembre.

 “Je l’ai vu de face et je n’ai pas pu le tuer”.

Le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani monte à bord du train Thalys 9364, en gare de Bruxelles-Midi, armé d’une kalachnikov, d’un cutter, d’une arme de poing et de munitions. Peu après le passage du train en gare d’Oignies, il ouvre alors le feu sur les passagers. Maîtrisé par plusieurs d’entre eux, dont trois Américains et un Britannique, il a ensuite été remis aux forces de l’ordre en gare d’Arras, où le train avait été dévié.

Le jeune homme de 28 ans a expliqué dans un interrogatoire de décembre 2016 avoir suivi à la lettre les consignes d’Abdelhamid Abaaoud,  :

Abou Omar m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17h00. Il m’a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires.

Il s’exécute mais perd finalement ses moyens :

Il m’a dit que la cible était le Thalys où je devais attaquer des Américains. Je me suis dirigé vers les Américains. À un moment, un Américain, un grand, m’a fixé, il était loin de moi. Je l’ai vu de face et je n’ai pas pu le tuer. En garde à vue, très honnêtement, j’ai regretté de ne pas avoir tué, après avoir vu tout ce qu’il se passe en Syrie.

Son avocate Me Sarah Mauger-Poliak, qui avait exigé une reconstitution des faits, a répondu au Figaro :

Il a toujours dit qu’au moment de passer à l’action, il avait pris conscience de ce qu’il allait faire et avait réalisé qu’il n’en était pas capable. Quant à ce qu’il a dit en garde à vue, c’était il y a trois ans, son état d’esprit a radicalement changé depuis. Il a beaucoup de regrets et de remords.

Ayoub El Khazanni est détenu à la prison de Bois-d’Arcy, en attente de son procès.

 

 

 

 

 

Publié le jeudi 10 mai 2018 à 15:12, modifications jeudi 10 mai 2018 à 14:44

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